Interview – The Pirouettes

The Pirouettes, duo brillant

Ils font claquer les synthés et bouger les pianos, chantent la vie en français, la leur et celle des autres. L’Artichaut te propose d’aller faire un tour dans l’espace avec The Pirouettes, un groupe féérique et décalé. On a parlé d’eux, de leur musique, de ce qu’ils aiment et ce qui les inspire (inclus : Salut c’est Cool, B2O, une charlotte aux fraises et du ping-pong)


[L’Artichaut]
Elle commence comment votre histoire?

Léo : Ça fait longtemps que je fais de la musique, avant je jouais dans un groupe qui s’appelle Coming Soon, je joue toujours dans ce groupe d’ailleurs, avec mon frère et d’autres mecs d’Annecy – parce qu’on est d’Annecy à la base -. J’ai rencontré Victoria au lycée, en terminale on était dans la même classe, et j’étais amoureux d’elle alors j’ai décidé de lui écrire une chanson, et je lui ai proposé de venir la chanter chez moi, on l’a répétée, et..comme ça le groupe est né. Au début on chantait en anglais et puis très rapidement on s’est mis au français, avec une reprise de France Gall et Michel Berger, “Comment lui dire

Vickie : Ça fait deux ans à peu près que le groupe existe vraiment, qu’on a enregistré, qu’on fait des concerts et tout ça.. Avant de venir à Paris c’était pas très concret.

Léo : C’était un peu un hasard qu’on se retrouve la même année à Paris, et vu qu’on était ensemble on s’est directement installés ensemble, c’est plus pratique pour la musique aussi.

 

[L’Artichaut] En juillet vous avez participé à la soirée “Tombés pour la France”, organisée par Etienne Daho à la salle Pleyel, avec d’autres jeunes artistes français prometteurs (Aline, Lou Doillon, La Femme, Lescop, Mustang, Frànçois & The Atlas Mountains, notamment). Etienne Daho, c’est une référence pour vous ? Plus largement, vous avez des influences ?

Léo : À fond, moi j’écoutais pas quand j’étais petit, je l’ai découvert assez récemment, c’est un des artistes qui a motivé The Pirouettes, clairement ! Donc c’était un honneur de se faire inviter par lui, en plus Etienne Daho est super sympa, vraiment cool !

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[L’Artichaut] C’est quoi vos liens avec les autres artistes de la scène française émergente justement ? Qu’est-ce que vous en pensez ?

Vickie : On les connaît à peu près tous, pas forcément personnellement..

Léo : Oui il y en a quelques uns qu’on a déjà croisés en concert, j’avais joué plusieurs fois avec François, de François & The Atlas Mountains, avec les Pirouettes on a déjà joué avec La Femme aussi, et sinon d’autres qu’on a déjà croisés dans d’autres soirées, comme Mustang, avec qui on avait joué à la Gaîté Lyrique une fois, ils sont super sympa les mecs de Mustang d’ailleurs !

 

[L’Artichaut] Vous écoutiez quoi avant et quoi en ce moment ?

Vickie : on a commencé à écouter de la musique plutôt anglophone, puis on s’est mis aux artistes qui chantaient en français, petit à petit, des années 70 à maintenant. C’est hyper varié, mais les références les plus évidentes c’est…Christophe, Etienne Daho, France Gall et Michel Berger.

Léo : (D’ailleurs on sort bientôt un clip en hommage/référence à France Gall et Michel Berger, où on est comme eux en costume blanc avec un piano à queue, c’est pour la chanson “Briller comme des étoiles

Vickie : On écoute aussi des trucs de maintenant, y’a des groupes américains un peu indé, des groupes bien mainstream, du hip-hop, du rap…

Léo : Je crois qu’on écoute un peu le même genre de musique que tous les jeunes de notre génération, tu vois on aime aussi bien des trucs que Beyoncé, Jay-Z.. Récemment j’ai bien kiffé le dernier EP d’Alpha Wann, un des mecs de 1995, je trouve qu’il est vraiment fort… On écoute beaucoup beaucoup de musique, on a un Ipod très rempli. On se limite pas en fait dans nos choix musicaux, on essaie de s’intéresser un peu à tout.

 

[L’Artichaut] Oui, justement ça se ressent dans vos chansons, parfois vous chantez de manière très rythmée, ou ça s’associe un peu à du rap…

Léo : C’est clair on a beaucoup écouté de rap français ces derniers temps. Moi je suis entré là-dedans avec IAM, l’Ecole du Micro d’Argent, et depuis on a écouté toute la discographie de Booba, on aime beaucoup.

 

[L’Artichaut] C’est quoi vos projets en ce moment ?

Léo : Là on compose pour un nouvel album, on a des rendez-vous avec des labels, on sait pas encore si on va sortir l’album rapidement on si on va faire quelques EP avant, c’est en discussion. L’idée c’est de composer un max en ce moment, et d’aller en studio rapidement.

 

[L’Artichaut] Vous faites de plus en plus de concerts, d’interview… Est-ce que ça vous fait peur ? Comment vous gérez ça ?

Léo : Ben disons que les concerts c’est un peu le passage obligé… Si on pouvait ne pas en faire avec Vickie on n’en ferait pas…

Vickie : …Si, arrête ! c’est cool quand même, quand ça se passe bien !

Léo : Oui voilà ça se passe pas toujours bien, notamment au niveau technique… Mais c’est vrai qu’on a quand même vécu des moments super forts sur scène et rien que pour ça, ça nous donne envie de continuer.

Vickie : Ça nous prend pas énormément de temps pour l’instant, on fait pas des grosses tournées encore.

Léo : D’ailleurs le 28 septembre on joue au NÜBA avec Cléa Vincent qu’on aime beaucoup.

 

[L’Artichaut] Vos chansons dégagent une vision à la fois hyper enchantée des relations amoureuses et très triste à la fois, c’est voulu, c’est votre vision des relations ?
Léo : Alors, toutes les chansons ne sont pas autobiographiques hein, il y en a qui ne correspondent pas à notre histoire, puisqu’on s’est jamais séparés par exemple, tu vois la chanson “Oublie Moi” c’était imaginé ou basé sur des relations antérieures.

 

 

Vickie : C’est parce que c’est comme ça, l’amour !

Léo : Oui voilà tu vois des fois c’est trop cool, des fois c’est pourri…

Vickie : C’est bien résumé !
[L’Artichaut] Vos titres mais aussi vos clips ont un côté très féerique, étincelant, ça vient d’une volonté de construire une certaine esthétique ?
Vickie : On voulait un truc qui colle à la musique, on n’est pas un groupe dark très sérieux, forcément ça se ressent.

Léo : Oui on est dans un naturel assez enjoué, et puis on est très second degré, on veut que ce soit fun dans l’esthétique. On a sorti un clip y’a pas très longtemps, réalisé par Victoria [qui étudie aux Arts Déco, en Photo/Vidéo, ndlr], pour “Chanter sous les cocotiers”, je l’aime beaucoup parce qu’il est fun, il nous ressemble.

 

 

[L’Artichaut] D’ailleurs, Island Khizi, c’est un pote à vous ?

Léo : Oui carrément, c’est lui qui a réalisé nos premiers clips justement, il nous a pas mal aidés au début, notamment c’est grâce à lui qu’on a une typo’ “The Pirouettes” bien définie.

 

[L’Artichaut] Vous vous êtes rencontrés comment ?

Léo : C’est un mec qui vient d’Annecy aussi, on avait joué dans un de ses clips d’ailleurs, on était en banane et en singe ! Il est vraiment très fort, Quentin [son vrai prénom tavu, ndrl].

 

[L’Artichaut] Vous avez déjà pensé à travailler ensemble ?

Léo : Il a déjà fait un remix pour “Dernier Métro” en fait.

Victoria : Sinon on lui a demandé de faire le clip de son remix, et on va lui demander de faire des vidéos pour l’album ou les prochains projets qu’on va sortir, on va pas arrêter de bosser avec lui ouais ! Il nous aide beaucoup, il est très présent.

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[L’Artichaut] Vous pensez que le beau suffit pour faire de l’art ? Est-ce que c’est plus facile de faire de l’art avec du beau, une esthétique soigné, agréable, plutôt qu’avec du moche ?

Léo : Je sais pas trop comment prendre la question, parce que j’ai pas l’impression qu’on fasse du beau, enfin tu vois si on faisait vraiment du beau ce serait peut-être plus léché, plus pop.

Vickie : Oui mais c’est beau dans le sens où c’est agréable à écouter.

Léo : Oui donc tu peux faire de l’art avec du moche, c’est clair, regarde Salut c’est Cool par exemple, je sais pas si tu connais…

 

[L’Artichaut] Si si on les a interviewé justement ! (Pour l’interview de Salut c’es Cool, c’est par ici)

Léo : Ben voilà, déjà ils ont un pur nom, on est trop jaloux d’ailleurs, leurs vidéos elles sont dégueu mais c’est ça qui fait que c’est classe, que c’est intéressant.

 

[L’Artichaut] Pourquoi “Les Pirouettes” comme nom d’ailleurs ?

Léo : C’est mon frère qui avait trouvé le nom, il fallait qu’on en ait un hyper rapidement parce qu’on faisait notre premier concert dans la cour du lycée pour la semaine des talents, il avait trouvé ce nom parce qu’il y a un peu une connotation sexuelle, qu’il savait qu’on était en couple, que c’était tout nouveau, et voilà, le garder c’est une manière de se moquer et on trouvait ça fun donc on l’a gardé. Mais c’est vrai qu’on n’est pas super fan du nom mais..les gens nous connaissent un peu, ils se disent “Les Pirouettes, c’est les deux là, ouais ils sont mignons”.

 

[L’Artichaut] Paris, la ville..ça revient dans plusieurs de vos morceaux, c’est inspirant ?

Vickie : Ah ouais à fond.

Léo : Ça nous inspirait déjà quand on habitait à Annecy, on fantasmait un peu la ville…

Vickie : Ça nous faisait rêver…

Léo : Ouais tu vois le projet s’est vraiment forgé autour de ça, même maintenant on se cache pas du tout d’habiter à Paris, on aime en parler dans nos chansons etc…

 

[L’Artichaut] Si les pirouettes étaient un pas de danse, ce serait quoi ?

Léo : Ben on serait une pirouette, easy !

Vickie : Moi j’aime bien le pas de basque.

 

[L’Artichaut] C’est quoi ça ?

Vickie : C’est un pas de danse, hyper simple, un rond de jambe, c’est très joli :

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[L’Artichaut] Si les pirouettes étaient un gâteau, y’aurait quoi dedans ?

Léo : Un cookie, au beurre de cacahuète j’aime bien !

Vickie : Une tarte au citron.

 

[L’Artichaut] Moi j’aurais vu un truc un peu rose et…

Vickie : … aux framboises ! Une charlotte aux fraises !

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Caroline, Max et Juliette

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