Interview : l’énergie Juveniles

© Camille Neyton

Juveniles, c’est une pop fraîche et adolescente venue de Rennes et qui s’arme de refrains efficaces et de synthés euphoriques. Leur premier album, éponyme, produit par Yuksek, est sorti l’année passée et continue depuis de faire danser les foules. Quelques minutes avant de monter sur la scène du Bus Palladium, il y a quelques jours, Thibault et Jean-Sylvain ont accepté de répondre aux questions de L’Artichaut.  

Pour commencer, pouvez-vous nous parler brièvement de la formation du groupe ?

Thibault : Le groupe s’est formé à trois avec Pierre, un membre qui n’est plus là. C’était à l’époque où on a sorti nos deux singles chez Kitsuné. Donc on s’est retrouvés tous les deux avec Jean-Sylvain, lors de notre signature chez Universal. En live, on est avec Christophe au clavier et Ousseynou à la basse depuis l’an dernier.

Pourquoi ce nom « Juveniles », qui fait assez débat quant à sa prononciation (Français ou Anglais ?) ? Est-ce que cette notion de jeunesse vous porte à cœur ou vous définit dans une certaine mesure ?

Thibault : Ouais, c’est ce qui définit le groupe depuis le début : on a commencé avec une chanson qui s’appelait « We Are Young » et justement on cherchait un nom de groupe. « Juveniles » est un nom qui se retrouve dans beaucoup de langues (en Français, en Anglais, en Espagnol..) bien qu’il ne veuille pas toujours dire la même chose. La jeunesse c’est ce dont parlent les textes.

Pouvez vous-nous parler de votre musique, de vos influences… Vous vous verriez parler en Français ?

Jean-Sylvain : Euh.. Non ! Clairement pas. On fait surtout de la pop à la base, on aime beaucoup les synthés et on utilise la voix d’une certaine façon. On s’est pas dit qu’on aller se faire un groupe pastiche de quelque chose…Il y a des clins d’oeil sur l’album qui existent et qui font référence à notre culture musicale depuis qu’on est tout petits mais foncièrement, on s’inspire vraiment de la pop-music des quarante, cinquante dernières années. En ce qui concerne nos influences, on écoute de tout. Je crois qu’en ce moment j’écoute plus de Drake et de trucs comme ça que de Smith ou Morrissey. Je pense que tout nous influence, et plus que la musique, ce qu’on vit depuis les deux dernières années ou les choses qu’on a vécues durant notre adolescence font partie de notre influence. C’est ça qui nous a donné envie de faire de la musique, plus que d’en avoir écouté finalement.

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© Camille Neyton

Vous vous êtes construits récemment – la formation du groupe remonte à 2010 – en enchaînant les rencontres (Yuksek, Kitsuné..) : est-ce que tout ça aurait été possible sans ces rencontres avec ces artistes ?

J-S : Le point de départ de tout ça, la raison pour laquelle les gens de chez Kitsuné nous ont entendu c’est parce qu’on a fait tourner nos morceaux de manière très locale au début pour qu’ils atterrissent à la fin dans les oreilles des gens d’Yelle et Grand Marnier. C’est lui qui a envoyé ça à Gilda et donné des conseils à nos débuts. De fil en aiguille, on a sorti nos premiers maxis chez Kitsuné. Yuksek a entendu parler de nous, on lui a demandé un remix, on l’a rencontré, on lui a demandé de produire notre album.. Tout s’est vraiment enchaîné très vite effectivement.

Comment ça fonctionne à l’intérieur du groupe ? Vous êtes tantôt deux, tantôt quatre comme vous l’expliquiez tout à l’heure : est-ce que chacun possède des rôles attribués ?

J-S : Ouais, on est une famille quoi ! On voulait pas se ramener et avoir une formule de live édulcorée où tu lances un ordi, tu joues de la guitare, t’as juste un batteur, un guitariste (bon attention, là on est en train de décrire Housse de Racket pour le coup, leur live est vraiment cool !). On voulait un truc plus vivant en ce qui nous concernait nous, c’est pourquoi on a pris deux autres musiciens de live.. Voilà, c’est plus rock un peu moins pop sur scène oui.

Thibault : C’est une formation qu’on pense essentielle aussi pour interpréter nos morceaux en live, que tout soit joué : la guitare, les basses, la batterie, c’est important pour nous.

Votre scène préférée à l’heure actuelle ? Si vous deviez-jouer quelque part, ce serait où ?

J-S : Personnellement, ma salle préférée elle est chez moi et c’est l’Ubu. On a joué aux Transmusicales là-bas, et c’est hyper chauvin de dire ça mais on connaît toute l’équipe, c’est des gens qui nous ont soutenu de puis le début, pas forcément que pour Juvéniles mais même dans d’autres projets. Un endroit dans lequel on rêverait de jouer.. ? Ouais, on a toujours raté de peu tous les South by Southwest, tous les CMJ (festivals), l’Apaloosa, Coachella…


Pour parler de votre esthétique, assez onirique, fantaisiste et vintage si on peut les qualifier ainsi, qu’est-ce qui vous les a inspirés ?

J-S : Concernant les visuels, les photos, les choses comme ça, c’est un de nos amis qui s’appelle Yann Morrison qui fait du super travail. Il a réalisé la pochette de notre album mais aussi celle des EPs d’avant ; c’est quelqu’un avec qui on aime beaucoup travailler. Pour les clips, c’était vraiment des rencontres diverses. On envoyait des mails à des réalisateurs en leur demandant de « pitcher » en leur laissant carte blanche à chaque fois – c’est pourquoi chaque clip est différent. Ce sont de belles rencontres… C’est souvent des gens avec qui on a gardé contact par la suite et dont on connaissait le travail avant de bosser avec eux.

Et en ce qui concerne vos formations musicales personnelles ?

J-S : On a toujours fait de la musique depuis qu’on était ados. On s’est toujours débrouillés à jouer dans des groupes. Moi j’ai fait du solfège autour de mes quatre ans, mais sinon Thibault n’a pas pris de cours. Thibault avait les cheveux longs et une double pédale. Enfin on était ados quoi.

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© Camille Neyton

Des projets, des collaborations en vue ? Si vous deviez faire un featuring avec un artiste, ce serait qui ?

J-S : Je pense qu’on verra ça en temps voulu. Pour le moment on se concentre sur nos dernières dates et on commencera à penser au prochain album là, à partir du mois de mars.

Qu’est-ce que vous ferez quand vous ne serez plus « juvéniles » ?

Thibault : (Il nous montre son bras droit tatoué du même mot) Bah, je crois que je le resterai toute ma vie en fait.

J-S : Je pense que je serai mort ! Le jour où t’as plus un grain de folie, t’es devenu une personne chiant et t’es mort musicalement, le jour où t’arrêtes d’avoir le trac quand tu montes sur scène et tu te dis qu’il faut arrêter pour se barrer en beauté… Bah c’est fini quoi.

Qu’est-ce que vous appréciez sur scène ?

J-S : J’sais pas, c’est la vie, c’est une drogue ! Quand tu commences à jouer, à tourner à faire de la musique et concrètement réaliser ton rêve de gosse, t’as juste envie d’y retourner et de continuer.

Le mot de la fin ?

Thibault : Ouais, pour revenir sur ce que Jean-Sylvain disait, être sur scène c’est vraiment un rêve de gosse. Y’a pas longtemps on a joué à l’Ubu pour une école primaire, c’était organisé par l’association des Transmusciales, on en garde un super souvenir. A chaque fois qu’on jouait une note, qu’on faisait un break, les gamins bougeaient dans tous les sens, dansaient et c’était vraiment beau quoi. C’était magique.


Juveniles est sorti en Juin 2013 chez Universal. Ecouter sur Deezer

 

Interview réalisée par Charlie & Camille.

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