Interview : Fauve, les indomptés

PHÉNOMÈNE : le mot semble prendre tout son sens lorsque l’on évoque l’ascension fulgurante de Fauve, collectif qui n’en finit plus d’affoler les compteurs sur la toile. Fauve, c’est avant tout une signature musicale et une démarche singulières, qui suscitent aussi bien l’adhésion fanatique d’une génération en quête d’identité, que l’interrogation, la perplexité face à un groupe sans visage. A l’occasion de la sortie de leur premier album – VIEUX FRÈRES – Partie 1, deux de ses membres ont accepté de répondre aux questions de L’Artichaut, le temps d’une interview copieuse, et sans tabou. 

 

Pourquoi avoir choisi un nom pour parler d’un collectif et pourquoi ce sigle différent ?

A la base on ne savait pas du tout qu’on formerait un collectif : on était trois, quatre, cinq. Ça s’est monté progressivement autour du mot Fauve, on avait pas encore pensé à l’idée de singulier/pluriel. Ce que l’on cherchait au début, c’était un mot pour définir notre démarche : on savait que ça allait cristalliser tout ce qu’on allait faire par la suite. Fauve c’est une couleur, un qualificatif fort qui nous a permis de définir le projet globalement. C’était quelque chose de dense, qui suscitait beaucoup dans notre imaginaire. Pour ce qui est du logo, on cherchait une sorte de mantra visuel, un signe de ralliement. En réfléchissant, on a trouvé ce signe « ≠ » comme un « F » dont la barre verticale serait tombée. Ce n’est pas du tout pour dire qu’on est différents, c’est juste pour se rappeler qu’il y a une certaine unicité en chacun de nous.

 

D’où vous est venue l’idée de Fauve ≠ : est-ce que ça renvoie à un élément déclencheur particulier ? Pourquoi avoir choisi la représentation publique alors que votre projet se trouve d’abord être une thérapie de groupe entre potes – à caractère intimiste ?

C’était un besoin. On ne s’est jamais mis dans une salle en se disant « Viens on fait un groupe, on forme un collectif et on fait des chansons… ». C’était plus : « On est des amis de longue date », et entre amis on se fait des confidences. En parallèle on faisait de la musique, on gratouillait à gauche à droite et un jour, cette confession, elle s’est faite sur des accords qui tournaient bien ! C’était à un moment difficile pour nous où on entrait tout juste dans la vie active ; on subissait beaucoup alors qu’on avait été des lycéens très heureux, des étudiants qui appréciaient leur études. Mais l’entrée dans la vie active ça a été vraiment différent. C’est ainsi que ces confessions musicales ont  fini par donner des chansons. A la base, c’était une seule personne qui écrivait, puis tout le monde a commencé à alimenter ces paroles. Ce projet c’était quelque chose fait pour nous et nos proches. Le propos s’est ensuite décliné sur différents supports. A un moment, on a eu envie de fédérer plus d’amis. On avait par exemple un ami qui faisait de la vidéo et qui a voulu décliner notre propos en vidéo. Alors on a mis notre vidéo sur youtube, pour partager à nos amis, et ce qui s’est passé c’est qu’un mois après quand on est allés voir, on n’avait pas 200 vues, mais plutôt 2000 ou 3000 ! C’est une sorte d’heureux accident en somme ! Originellement on n’avait pas pour but de toucher un public. C’était vraiment un truc intime et égoïste, on pensait que ça n’intéresserait personne, mais en fait il s’est avéré que non… « Kané » c’était notre première vidéo mise en ligne, on a eu « Sainte Anne » ensuite, mais c’est tout : on a commencé avec deux vidéos.

 

On vous entend beaucoup vous révulser contre les stéréotypes de la société (tels que le désespoir, la vanité, la morosité), êtes-vous des artistes engagés ? Quel est le but du projet aujourd’hui ?

Non, pas du tout et on n’a pas l’impression de se révolter en réalité. Le but de Fauve c’est un but complètement égoïste monté pour nous, afin de sortir de notre routine. L’idée n’a jamais été de propager quoi que ce soit, on ne voulait pas diffuser. On ne se révolte pas contre un système quelconque, politique ou social. On n’en a pas la légitimité pour le faire et pour nous, Fauve, c’est fait pour autre chose. On ne se considère déjà pas comme des artistes… On a chacun nos opinions mais ça n’a pas sa place dans Fauve. En fait, il y a bien une sorte d’engagement mais il est à caractère personnel et humain : c’est plutôt un message de résistance par rapport au monde dans lequel on évolue. On ne fait pas de prosélytisme et nous n’avons pas la volonté de diffuser un message tel que « Prenons les armes ! ». Maintenant, cet engagement personnel est dépolitisé, il n’est pas partisan. Cependant, on est toujours en recherche d’un progrès humaniste.

 

Pouvez-vous nous parler un peu de la composition de la corporation Fauve ≠ ? Vous la dites « ouverte », mais cette ouverture est-elle infinie ? Est-ce que n’importe qui peut l’intégrer ?

Il faudrait déjà nous trouver ! (rires) La composition du Corp est vraiment à géométrie variable : il n’y a pas de carte de membre, ce n’est pas non plus un club… C’est à la base une bande de potes : on réfléchit ensemble à des projets et des amis qui pourraient venir nous proposer d’autres choses. Nous on considère que c’est ouvert car le Corp comprend désormais des gens qu’on ne connaissait pas du tout à la base et qu’on a rencontré via internet, via Fauve. C’est arrivé plusieurs fois pour des clips, des photos, des vidéos… L’idée, c’est de collaborer vraiment avec des gens qui nous contactent et avec qui on sent que ça peut marcher. Après, d’un point de vue matériel, c’est sûr qu’on ne peut pas avoir le temps d’intégrer tout le monde ! Mais en aucun cas ce n’est de la délégation : on ne demande jamais à quelqu’un de travailler pour nous. Quand on travaille avec une personne, on l’intègre. Par exemple, on a un parolier, Pierre Noirclerc, qui nous a envoyé son bouquin en 2011 et il nous a vraiment plu. Il a commencé à faire des lectures de son livre à nos concerts. Sur notre prochain album, il est l’auteur de certaines chansons. On a un vidéaste de 16 ans qui nous a contacté au moment où on allait tourner « Blizzard » et on trouvé son travail vraiment bien… Du coup on a reporté le tournage aux vacances scolaires pour qu’il puisse venir nous aider ! On a besoin de renforts, d’avoir un système cohérent pour que ça fonctionne. On est une vingtaine à l’heure actuelle et on fonctionne bien comme ainsi. Mais si demain on nous envoie un projet qui nous plaît, alors on  rencontrera  cette personne pour voir s’il est possible de monter quelque chose ensemble. Mais c’est difficile parce que ça prend du temps.

 

Et sinon, vous avez un genre musical particulier ? De quelle scène vous revendiquez-vous ?

R’n’B-Polka-Slam-Pop.. ! (rires) Non, c’est pas vrai. On ne se pose pas trop la question. On ne se l’est jamais posée avant qu’on nous la pose en interview. Nous on est fans de rap, de pop, de rock principalement. Après je ne sais pas si ça s’entend dans ce qu’on fait, on essaie de faire des trucs qui nous plaisent sans réfléchir à l’étiquette. Mais sur la forme, il y a des trucs qui se retrouvent dans toutes les chansons : le parler, les guitares, les drums… Déjà entre nous les goûts sont bien trop différents pour qu’on puisse se mettre d’accord sur ça ! Ce sont les gens qui nous catégorisent, par exemple dans le rap ou la slam, mais on n’est pas vraiment dans ces trucs là. Nos textes sont construits sans contrainte de rimes ou de mesure, donc on n’a pas l’impression d’être là-dedans. On nous a aussi dit « spoken-word » des années 70 où c’était simplement du parler sur de la musique en boucle. Mais quand on a monté le truc, on ne connaissait pas du tout. Alors certes, on se retrouve dedans maintenant qu’on a écouté, on trouve ça cool. Musicalement, notre parler est influencé par des groupes qui ne faisaient du parler que sur certaines chansons comme les Pixies ou Lou Reed, Nada Surf, Gainsbourg. On serait mal à l’aise de se revendiquer d’un genre.

 

Rappelons que vous n’êtes pas des musiciens de formation, pourquoi avoir choisi de mettre en musique ce qui se limitait à la base à des textes ? Vous employez souvent des termes crus, hargneux, incisifs que vous dites avec une rage qui s’exacerbe en live, pourquoi ce choix ?

Les textes ont été mis en chansons puisque la musique est un véhicule assez pratique pour faire passer des messages. Dans Fauve, on a pas de message politique, engagé mais des confessions qui s’adressent à des personnes très particulières de notre entourage proche etc. Les tous premiers titres qu’on a fait, c’est une façon détournée de dire à des proches des choses qu’on osait pas leur dire en face. Parfois on se parlait aussi à nous-même ou entre nous ou parfois des proches, des amis, des  frères, des sœurs, tes parents, ton univers … Une chanson balancée comme ça, c’est plus facile que de dire un texte ou d’envoyer un mail, la forme est plus soignée et permet de mieux faire passer les choses. Alors parfois c’est un peu cru effectivement mais c’est comme ça que les premières idées de textes se sont retrouvées en chansons. Il y a aussi le fait que nous, on a toujours aimé faire de la musique, on a toujours fait de la musique et le travail collaboratif qu’il y a sur la musique est, de manière générale, plus intéressant que le travail collectif qu’il y a sur un texte car dans ce cas, chacun fait ses textes dans son coin et à la fin, on fait un bouquin avec des poèmes. Là avec la musique, il y a un côté « tous un peu dans le même bateau » qui est hyper entraînant, un peu comme une équipe de foot où les mecs sont ensembles et ils doivent faire leur truc et pour ces deux raisons, c’est pour ça qu’on a fait des chansons.

Après sur la question des textes un peu crus, c’était la suite logique de la démarche : quand tu as besoin de vider ton sac et que tu parles à un pote, tu dis « putain », tu dis « merde », tu dis les choses comme tu les ressens et comme tu les vis et tu vas pas t’embarrasser de problématiques sur la forme, sur les fioritures, d’effets de style, d’effets littéraires … Tu parles comme tu parles, tout simplement. Et du coup on s’est mis à écrire comme on parlait. Et quand on parle parfois on dit des gros mots. Mais c’est jamais une volonté de provoquer. Si c’est gratuit, ça n’a pas de sens, il faut juste que ça soit spontané. Et malheureusement ou heureusement, je sais pas, on est un peu comme tout le monde et quand on parle un peu spontanément, on dit « va te faire enculer », on dit « ça fait chier », tu dis « connard », enfin ça t’arrive, tu parles comme ça. Et donc comme il n’y avait pas de filtre, c’est pour ça qu’on s’est retrouvé à faire ça.

 

Le fait de savoir que vous êtes écoutés et suivis par un public qui est de plus en plus nombreux influence-t-il l’écriture de vos textes ? Vous avez dit dans une interview que certains textes étaient difficiles à assumer en live, quels sont-ils et pourquoi ?

Ça n’influence pas du tout l’écriture ou même ce qu’on peut faire parce si on commence à faire ça, on fait dévier Fauve de son objectif de base et donc ça veut dire que Fauve nous sert plus à grand chose et qu’il faut donc arrêter. Nous, on a besoin de cet outil là pour nous et après, bien sûr on fait attention à ce que les gens pensent mais on ne pense pas ce qu’on fait. On se dit jamais « ah, qu’est-ce que les gens vont en penser ?», c’est pas du tout l’esprit.

Certains textes sont plus durs que d’autres et dans lesquelles il faut se remettre dans le jeu à chaque fois lorsqu’on est sur scène. Il y a juste quelques titres qui sont un peu plus durs à assumer. Concrètement, c’est peut-être « Saint-Anne » et « 4000 Îles » qui sont parmi les premières chansons qu’on avait faites et qu’on définit souvent comme les deux extrêmes dans lesquels Fauves doit pas sortir, « Saint-Anne » étant l’extrême le plus sombre, il y a 0 touche d’espoir, c’est vraiment un exutoire, c’est du défouloir comme au tout début de Fauve, à l’essence même du projet, quand tu vomis un peu toute ta frustration. Et la limite de ce texte là, dans le côté très sombre, c’est que tu te défoules, tu te défoules, ça va mieux juste après car tu as vidé ton sac mais le lendemain, c’est la même chose parce qu’il n’y a rien de constructif. On a essayé après de canaliser la colère et la frustration vers quelque chose de plus positif, de plus noble, c’est ce qu’on a fait sur beaucoup de titres. Ça nous permet non seulement de s’être défoulé mais en plus d’en retenir un truc un peu plus positif et de se tourner vers le futur. Et « 4000 Îles », c’était un peu la borne la plus heureuse au sens naïf du terme où c’était presque un peu lyrique parfois. On avait un peu plus de mal à assumer car on trouvait ça un peu cucul mais en même temps ça fait du bien de l’écrire. Tu parles à tes amis, tu parles à tes amis au grand cœur qui te rendaient meilleur, c’est un peu lyrique mais c’est sincère au moins. En y réfléchissant, c’est moins Fauve au sens qualificatif du terme tout simplement. C’était vraiment les deux bornes et à partir du moment où on avait fait ces deux titres là, on s’est dit qu’on parlait de forme plus que de fond. C’est un peu les bornes sur lesquelles on voulait osciller avec Fauve. On assumait moyen, c’est pour ça que ces chansons étaient pas sur l’EP mais sur Blizzard.

 

Aujourd’hui vous avez beaucoup de succès et un peu malgré vous si on vous suit bien, vous êtes passés de toutes petites scènes à votre permanence au Bataclan, selon vous qu’est-ce qui a suscité cette adhésion ?

On a du mal à répondre à cette question. On se dit simplement que, lorsque l’on va aux concerts, on se rend compte que les gens sont à peu près comme nous, ils vivent comme nous, ils viennent à peu près des mêmes types d’endroits et du coup, c’est des gens un peu normaux, pas exceptionnels, un peu comme nous, un peu moyens. Comme on raconte nos vies et que nos vies sont un peu banales, on se dit que c’est peut-être aussi le fait qu’il y a pas mal de gens qui se reconnaissent dans ce qu’on fait. Là on est dans un café à répondre à des questions mais c’est pas tout le temps comme ça : souvent on est chez nous en train de bosser. Bon, c’est sûr, c’est plus quand on avait nos deux boulots en même temps, la journée notre taff et le soir, on faisait Fauve jusqu’à très tard dans la nuit. C’est une vie un peu plus équilibrée par rapport à avant mais ça reste un boulot. Il y a beaucoup administratif, il y a beaucoup de boulot sur toutes les facettes de ce qu’on fait, le live, la vidéo, la sortie d’un disque etc … Et ça reste un boulot où tu es sur ton bureau avec ton ordi et ton téléphone … Même si c’est ton propre projet. Mais bon, ça reste un super boulot, au contraire, on va pas cracher dans la soupe, c’est génial mais oui, nos vies restent assez banales maintenant. Après oui, c’est plus difficile pour nous de parler de la routine métro boulot dodo avec un patron chiant puisqu’on est nos propres patrons. On a encore des vies assez banales.

En vrai, on a jamais autant bossé de nos vies. On est hyper heureux, on a une chance de dingue, on fait un truc qui est complètement extraordinaire. Maintenant, nos vies, en dehors de Fauve, on fait pas grand chose. On sort très peu, on voit un peu moins nos amis, nos familles. On traîne pas avec d’autres artistes, on traîne pas dans des clubs cools, on a pas cette vie là et on en a pas envie. Quand on sort du prisme Fauve, on rentre chez nous et notre vie est d’une banalité affolante. On rentre chez nous, on se fait des pâtes et quand il est pas trop tard, on va voir des potes et si il est trop tard, on regarde nos mails, on va sur Facebook et puis on se couche.

En parallèle, vous buvez quand même des pots avec Phoenix à la sortie de festival !

Ça nous est arrivé une fois et c’est pour ça qu’on en a parlé ! C’est quand on enfile le costume Fauve qu’on vie ces choses là. C’est pas seulement le fait d’avoir rencontré Phoenix mais le fait de faire des concerts, partir dans le vans avec des potes, sortir de Paris. Ça serait juste pour partir jouer dans un petit club avec 150 personnes à Toulouse, ça serait chanmé ! C’est quelque chose d’incroyable et on le chérit. Mais pour autant, nos vies ont pas tant changés que ça finalement. C’est pas un emploi du temps très très original.

 

Vous répondez aux inboxes et organisez des barbecues, comment avec la popularité garder cette proximité avec le public ?

Déjà il y a popularité et popularité : on se ballade dans la rue, on prend le métro, personne va venir nous faire chier. C’est compliqué et on a souvent beaucoup de retard mais on essaie de répondre parce qu’on se met à la place de ces gens là, ils prennent le temps de te parler donc tu réponds c’est juste de la politesse. En dehors de ça, pour les évènements c’est pas difficile à organiser et on sait qu’il y a des gens qui vont venir donc c’est cool. Même en concert on est rarement dans les loges avant le concert : on se ballade dans la salle, on regarde les premières parties, on va boire des coups au bar. Quand les gens viennent nous voir on est content de leur parler, on aime bien l’idée de retrouver les gens et voir un peu qui ils sont. C’est une aventure, une découverte, on essaie d’effacer les barrières traditionnelles entre artistes et spectateurs, groupe et public. Nous on est parmi nos semblables, on se sent pas à l’aise dans ce costume d’artiste, c’est pas un truc qui est familier pour nous donc ça nous rassure vachement de nous mettre au même niveau, parce que c’est la réalité.

 

Vous êtes super présents sur les réseaux sociaux et tous les morceaux que vous avez fait paraître sortent avant sur Youtube, vous avez récemment sorti une application de filtres photo estampillés « Fauve », mais malgré tout vous avez cette volonté farouche de garder l’anonymat sur vos visages, vos vies privées. Est-ce que ce n’est pas contradictoire ?

On ne se sent pas tellement plus présent que n’importe quel groupe, c’est marrant parce que comme on est présent surtout là on a l’impression qu’on est très présent mais concrètement on doit faire un post tous les trois jours et ça nous semble pas énorme. A la rigueur c’est un paradoxe et pas une contradiction le fait de ne pas se montrer mais d’essayer d’être le plus disponible, le plus accessible possible. C’est pour ça qu’on se sert d’internet parce que ça nous permet d’être en prise directe avec les personnes qui nous suivent. Pour nous c’est pas parce qu’on veut rester discret qu’on peut pas être proche, la question de l’anonymat c’est pas un concept c’est juste une façon de vivre le truc qui est importante pour nous : la discrétion, la pudeur, la timidité même. Mais c’est nous empêche en rien d’être disponible, au contraire.

VIEUX FRERES - Partie 1, le premier album du collectif Fauve ≠
VIEUX FRERES – Partie 1, le premier album du collectif Fauve ≠

 

Vous accordez beaucoup d’importance au visuel dans vos chansons, pourquoi ce choix alors que ce que l’on retient majoritairement chez Fauve ce sont les paroles, les textes ?

Pour nous les visuels c’est une autre façon de décliner le propos. Pour nous le propos a trois supports : la musique, les textes et l’image. L’image est d’autant plus importante qu’on se montre pas, il faut montrer du contenu, des choses. Ensuite, c’est surtout parce que ça nous plait tout simplement, et ça nous plait aussi de travailler avec des gens qui sont dans l’image? Dans le noyau dur de Fauve il n’y a pas que des musiciens, il y a aussi des paroliers, des cinéastes : on vit ensemble, on part en tournée ensemble. Il y a toujours deux supports au service d’un troisième, c’est vrai que depuis le début de fauve l’image et la musique sont au service du texte mais parfois on retourne le truc. Par exemple pour la version longue de blizzard on a écrit des textes pour les images qu’on avait tournées. On peut s’imaginer faire un film un jour aussi.

 

Il y a plusieurs vidéos sur Youtube qui parodient vos chansons et vos textes, comment réagissez vous au « Fauve bashing » ?

Nous ça nous fait bien marrer, il y a des trucs vraiment cool (rires). Parfois les parodies on les comprend même pas, il y a des trucs trope bizarres sur internet. Je ne sais même pas si il y a tant de « Fauve bashing » sur internet, juste des mecs qui vont dire « c’est de la merde » comme des gens qui vont dire « c’est des génies ». Dans un sens ou dans l’autre on y accorde pas trop d’importance. Après quand des mecs imitent le style pour se moquer pour détruire le truc ou dans un truc purement intéressé pour surfer sur le truc, ça on trouve ça un peu facile. Mais honnêtement ça dépend, il y en a qui sont hyper drôles. Franchement on est bon public. On a vu des trucs subtils, originaux (genre du Booba avec du Fauve), un peu travaillés ou bien gras on trouve ça drôle. Parfois on se les envoie même entre nous.

 

Est-ce que vous pensez à un « après Fauve » ? Comment vous allez recycler le truc ?

Ce qui est sûr c’est qu’on a pas envie de faire carrière avec Fauve, c’est pas un truc viable pour nous. On s’imagine pas faire dix ans dans la musique, c’est pas notre truc. Personne n’a envie d’être guitariste pour Vanessa Paradis dans quinze ans ou écrire des chansons pour Michel Delpech, c’est pas du tout notre trip. Le truc qu’on risque avec Fauve c’est qu’une nouvelle routine s’installe, et à ce moment là on arrêtera tout simplement. Mais ça veut pas dire qu’on aura pas de projets, l’histoire des vieux frères qu’on raconte dans l’album continuera tout le temps. On fera peut être un voyage, un blog photo, un film, sûrement pas sous le nom fauve. Parce que quand Fauve n’aura plus cette fonction de rendre nos vies plus belles, on arrêtera. On est pas suffisamment attachés à la musique et aux tournées pour vouloir à tout prix s’attacher à ça. On en parle souvent entre nous de la fin de Fauve, ça nous fait pas peur au contraire on fera autre chose ce sera cool.

 

Dernière question : est-ce que vous avez trouvé la fille du bar… ?

Ah la fille au bar dans « Nuits Fauves » ? La réponse est différente pour chacun, il y en a oui, d’autres non, d’autres mouais. On est encore pas mal à chercher l’amour mais tous les espoirs qu’on peut nourrir dans nos chansons on les rencontre. Rien qu’avec Fauve, on se rend compte que c’est possible.

 

Charlie, Benjamin, Martin.

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