Inori – Pedro Gonzalez-Rubio

http://www.arte.tv/sites/fr/olivierpere/2012/08/04/locarno-2012-day-4-pedro-gonzalez-rubio/

Dans le cadre du Partenariat avec le PAF ! (Pôle Art Filmique), un membre de l’équipe vous livre un article sur le cinéma chaque semaine.

Présenté en 2012 au  festival du film de Locarno, où il remporte le Léopard d’Or de la sélection « Cinéastes du présent », le délicat documentaire du cinéaste mexicain Pedro Gonzalez-Rubio, produit par la géniale réalisatrice nippone Naomi Kawase (dont la fable nautique Still the Water était une des pépites de Cannes 2014) Prières (Inori, en japonais), est un portrait planant de la douce déliquescence du Japon rural d’aujourd’hui à travers ses habitants.

Synopsis: Les lois de la nature ont transformé Kannogawa, petite commune autrefois animée des montagnes japonaises, désormais abandonnée par les jeunes generations parties pour de la grande ville Inori, et les quelques habitants qui restent se livrent à leurs activités quotidiennes en méditant sur leur histoire et sur les cycles de la vie.

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La région de Nara, autrefois capitale du Japon, est ici une ville fantôme que nous font découvrir la photographie maîtrisée, qui par des plans longs fait ressortir la nature omniprésente dans toute sa grandeur. Dans cette campagne isolée, où règne le silence, seuls demeurent les personnes âgées, gardiens du paradis perdu qu’est devenu leur mode de vie loin des villes et du bruit, et une certaine nostalgie émane de ces gestes rituels et quotidiens. Les jeunes, en effet, ont quitté depuis longtemps le village pour travailler en ville, laissant leurs aïeuls témoigner : « On entendait avant des enfants jouer, partout dans les rues, mais l’école a été fermée depuis », se remémore un vieil homme. A travers leur témoignages, et leurs journées qui s’écoulent comme les saisons entre méditation et travail rural, le réalisateur montre sans travail de fiction la tragédie silencieuse d’une ville sans jeunesse, et choisit de montrer ces visages et ces mémoires qui auront bientôt disparu. Il les fait alterner avec des vallées boisées d’un vert éclatant et des cascades d’eau exubérantes – dont la vivacité contraste avec celle de la cité vide.

Œuvre contemplative plutôt que manifeste écologique, Inori peint un monde qui se laisse, peu à peu et dans le silence le plus complet, recouvrir par la végétation luxuriante des montagnes de Nara.

I.K

Inori, projeté dans le cadre du festival Viseur.

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