Indémodables Tudors

Affiche Tudor : Affiche de l'exposition. @Affiche de la Réunion des musées nationaux-Grand Palais, Paris 2015

Pour ceux qui auraient des doutes, la dynastie des Tudors est bien celle des monarques anglais ayant régné de 1485 (fin de la Guerre des Deux Roses) à 1603 (mort d’Élisabeth Ire) !

Jusqu’au 19 juillet 2015, le Musée du Luxembourg réunit savamment les portraits les plus emblématiques des Tudors ainsi que leurs effets personnels et sacrés ; le tout dans une perspective historique, diplomatique et culturelle, ce qui donne en fin de compte un témoignage vivifiant de la Renaissance anglaise.

Au-delà des stéréotypes (Henri VIII, ce Barbe-Bleue ventripotent !) et de la légende (qui ne connaît pas Bloody Mary ?), l’exposition se concentre sur la puissance et la magnificence caractéristiques du règne des Tudors, leurs accomplissements et leur postérité, en particulier dans la sphère symbolique.

 Les plus :

  • Ce sont quand même TOUS les portraits des Tudors réunis grandeur nature pour la première fois en France.
  • Ils semblent avoir été peints la veille… mais ont presque un demi-siècle ! Quelle meilleure occasion que cette expo pour s’étonner face à la résilience d’une dynastie qui n’a rien perdu de son aura ?
  • Soulignons la scénographie solennelle réussie d’Hubert Le Gall aux « couleurs héraldiques des Tudors» (le vert notamment).
  • Accent remarquable de l’expo sur les accessoires.

Les moins :

  • Une dernière salle sur la construction du mythe un peu hâtive et cafouilleuse, avec peu d’oeuvres présentées – des illustrations de costumes sont ainsi juxtaposées sans grand contexte, dommage.
  • Trois extraits filmiques proposés (tirés de La Reine Elisabeth avec Sarah Bernhardt et Elizabeth avec Cate Blanchett)… quid de la pléthore d’oeuvres sur le sujet ? Citons partialement The Private Life of Henry VIII, Anne of the Thousand Days, The Virgin Queen, The Other Boleyn Girl, Lady Jane, Orlando et surtout la série ô combien culte des Tudors ! Certes, ils sont plus ou moins fidèles aux faits… Qu’importe. Les Tudors sont partout – il suffit de voir les analogies entre Henry VIII et Robert Baratheon (Game of Thrones) pour en être convaincu-e !

Note : 4 / 5 artichauts.

Joos van Cleve, Henry VIII. vers 1530-1535, 72,4 x 58,6 cm, huile sur bois, Londres, The Royal Collection @ Royal Collection Trust/ @ Her Majesté Queen Elizabeth II 2014

Joos van Cleve, Henry VIII. vers 1530-1535, 72,4 x 58,6 cm, huile sur bois, Londres, The Royal Collection @ Royal Collection Trust/ @ Her Majesté Queen Elizabeth II 2014

Si la galerie de portraits figés pour l’éternité dans leurs plus beaux atours est impressionnante, les nombreux objets personnels sciemment disposés insufflent un peu de vie et de tendresse à ces figures illustres. L’on découvre entre autres la bague dans laquelle Elisabeth conservait le portrait de sa mère Anne Boleyn, le pendentif-sifflet de celle-ci mais aussi l’armure d’Henri VIII – reflet de sa stature imposante -, conçue pour sa rencontre diplomatique au Camp du drap d’or. Ses gribouillis galants (sous un Christ sanguinolent, tout de même !) sur le livre d’heures d’Anne Boleyn nous feraient presque oublier qu’il ordonna sa décapitation.

Orfèvre inconnu - Bague d'Élisabeth I re, renfermant son portrait et celui de sa mère Anne Boleyn. vers 1775. anneau de nacre, rubis, diamant, perle, émail. The Chequers Trust. @National Portrait Gallery, London, UK / DE Agostini Picture Library / Bridgeman Images.

Orfèvre inconnu – Bague d’Élisabeth I re, renfermant son portrait et celui de sa mère Anne Boleyn. vers 1775. anneau de nacre, rubis, diamant, perle, émail. The Chequers Trust. @National Portrait Gallery, London, UK / DE Agostini Picture Library / Bridgeman Images.

« Cela me suffira qu’une plaque de marbre déclare qu’une reine, ayant régné tant de temps, vécut et mourut vierge ». Humilité pieuse ou fausse modestie de la part d’Elisabeth Ire ? Conflits de succession, destins brisés et grandes destinées, amours fantasmatiques, ambitions et exploits…S’il y a une chose à retenir de cette expo aux portraits grandioses, c’est bien que la légende des Tudors est immortelle.

Juliet Copeland

Artiste anglais - Elisabeth I re, vers 1600. 137,3 x 99,7 cm, huile sur bois. Londres, National Portrait Gallery. @ National Portrait Gallery, London, England.

Artiste anglais – Elisabeth I re, vers 1600. 137,3 x 99,7 cm, huile sur bois. Londres, National Portrait Gallery. @ National Portrait Gallery, London, England.

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