Pourquoi il faut aller au musée de Montmartre

Henri de TOULOUSE LAUTREC, Le Divan Japonais, lithographie, 1891, collection du musée de Montmartre

C’est une grande maison blanche au sommet de la colline. On y vient effectivement à pied, après une délicieuse ballade dans Montmartre. Il faut contourner le Sacré Cœur, ce qui permet au passage de le découvrir sous un nouvel angle, encore plus impressionnant, et, à en croire le peu de monde qu’on croise à cette endroit, moins prisé des touristes.

Les plus:

  • Un cadre magnifique. La maison, les jardins, le quartier, tout concorde avec ce qui est exposé ce qui crée une atmosphère particulière, « comme si on y était »

Les moins:

  • C’est un petit musée donc pas de toiles de maitre, mais l’intérêt, au delà de la qualité des toiles, c’est bien de faire vivre l’histoire de la butte.

Note : 4,5 artichauts sur 5

Atelier de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo crédit Jean-Pierre Delagarde

Atelier de Suzanne Valadon et Maurice Utrillo
crédit Jean-Pierre Delagarde

On arrive donc par la rue Cortot, au musée de Montmartre. Dans une des premières maison construites sur la colline, au XVIIe siècle, le musée abrite une collection de peintures, maquettes, et anciennes affiches publicitaires. On y appréhende le Paris de la fin du XIXe et des débuts de l’industrialisation, et l’effervescence économique qui en découlait. On imagine les artistes torturés, pleins d‘interrogations par rapport au développement technique et son incidence sur l’homme.

Les oeuvres donnent en effet une bonne idée de ce qu’était le Montmartre des peintres, poètes et autres muses du XIXe siècle. On goute dans ce musée à l’atmosphère du Bateau Lavoir, ou vivait tous ensemble Picasso, Apollinaire … Ces artistes ont fait l’histoire de la butte et lui ont donné son âme et sa réputation romantique.

Un comptoir de bar-cabaret est reconstitué, on imagine la musique qui en fusait, les poètes et peintres qui y discutaient bruyamment, trouvant leur inspiration dans l’émulation intellectuelle que permettait le lieu.

Vue Jardins Musée de Montmartre Crédit Thomas Dupaigne

Vue Jardins Musée de Montmartre
Crédit Thomas Dupaigne

On passe par un escalier de bois en colimaçon, qui débouche sur le jardin, havre de paix où poussent les vignes de Montmartre. Seule une centaine de bouteilles sont produites chaque année, puis vendues aux enchères. Depuis ce jardin bucolique, on aperçoit le Lapin Agile, cabaret qui comptait parmi ses fidèles les artiste du quartier.

(Pour conclure cette plongée dans le romantisme, avant de reprendre le métro et pour retourner doucement au XXIe siècle, on peut se balader dans le square, derrière le Sacré Cœur. Celui-ci a le mérite d’être bien moins fréquenté, bien plus beau et bien plus propre que les pentes devant l’église. Ici peut-être, Apollinaire à écrit :

« Entourée de flammes ferventes Notre-Dame m’a regardé à Chartres

Le sang de votre Sacré-Coeur m’a inondé à Montmartre »

(Zone, Alcools, Apollinaire)

Alexia Beaujeux

Site Internet du Musée Montmartre : http://www.museedemontmartre.fr

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