Hôtel Feydeau, occlusion matrimoniale

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George Lavaudant investit de nouveau le Théâtre de l’Odéon, qu’il a dirigé il y a maintenant plus d’une dizaine d’années, avec un collage de textes de Feydeau, Hôtel Feydeau – comme son nom l’indique. L’ambition assumée de ne pas donner de couleur politique ou savante au spectacle fait du spectacle un pur morceau de divertissement. Malheureusement, ce choix a les inconvénients de ses avantages : on vidant Feydeau de toute sa subversion, on lui soutire également une partie de sa force comique.

A mi-chemin entre troubles intestinaux et troubles matrimoniaux, cet assemblage de pastilles comiques a un parfum d’été qui ne laisse aucune place à l’improvisation. Partition réglée à la seconde près, le montage de courtes pièces qui ne laisse place qu’à l’énergie comique de l’auteur est un boulevard relevé qui file à toute vitesse avec l’énergie d’une bande de comédiens dont on sent le plaisir à être sur scène.

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Seulement ce qui fait de Feydeau un critique savoureux de la grande bourgeoisie, sa cruauté et sa subversion, est ici oublié pour ne laisser que la folie rafraichissante, faisant d’Hôtel Feydeau un spectacle sympathique mais manquant d’un véritable piquant, d’une certaine originalité, et perdant de son potentiel comique en se refusant au politique ou au social.

Bertrand Brie

Crédits photo: Thierry Depagne

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