Quand les doigts de Harold López-Nussa se mettent à danser sur les touches

« Jazz is not dead » annonçait le titre du Festival de Jazz à la Villette en septembre. Il y a quelques jours, les jazz clubs parisiens accueillaient Jazz sur Seine, pendant une semaine qui a permis à une forme particulière de jazz de se retrouver sur les scènes de grand renom : le jazz cubain !

Ne cachant pas l’exotisme de la musique cubaine, Steve Turre sort les coquillages lors du concert Maraca & His Latin Jazz All Stars (à Châtelet, lundi 14 octobre 2013) et rend hommage au grand trompettiste Miles Davis en interprétant sa composition phare du Cool Jazz « All Blues »  à la cubaine. Ce morceau est suivi par un rappel des pères du jazz cubain avec Manteca, premier standard de jazz qui se base sur la clave (rythme latino). Enregistré pour la première fois en 1947, Manteca est l’enfant né de la rencontre entre le percussionniste cubain Chano Pozo et le trompettiste be-boppeur Dizzie Gillespie.

Une chose est sûre : les premiers rangs se tenaient à peine sur leurs chaises ! (Revivez l’expérience chez vous en réécoutant l’enregistrement du concert, disponible sur le site de la radio Fip !)

Trois jours après avoir accompagné Maraca à Châtelet, Harold López-Nussa se produit au  « New Morning », club de jazz mythique dans le 10e, où a joué Miles Davis à l’époque (et pas que !). Le pianiste havannais y présente son nouvel album New Day paru le 8 octobre sous le label Jazz Village / Harmonia Mundi. Issu de l’école cubaine, Harold n’attend point comme les classiques que le public se taise pour faire danser ses doigts sur les touches du piano. Il faut en effet être bien réveillé pour le suivre dans sa virtuosité !

Par rapport à sa prestation en 2011 au Festival de Jazz de Montreux (festival dont il a été gagnant de la « Solo Piano Competition » en 2005), aujourd’hui Harold a élargi sa palette musicale notamment avec une nouvelle sonorité qui est celle du Fender Rhodes.  Avec une maturité esthétique exceptionnelle le trentenaire présente « Paseo » du nouvel album, morceau très lyrique et dansant. Aux baguettes, son petit frère Ruy Adrian López-Nussa ajoute un groove qui fait hocher la tête ; notamment la composition du trompettiste Mayquel Gonzalez « New Day », un blues qui ferait la bande son d’un beau dimanche matin : ambiance posée et groovy !

Que ce soit un petit morceau à trois au piano, ou de la percussion au piano et à la contrebasse de Felipe Cabrera, le jeune prodige Harold López-Nussa combine dans sa musique la chaleur et l’énergie de la musique cubaine avec le groove du jazz.

 

Re-écoutez le concert chez vous sous ce lien podcast de TSF Jazz !
(Surtout : « A deguello » au tout début, « New Day » au milieu de la barre, « Corriendo por los portales » à la fin)

P.S. : Le saviez-vous ? Soyez placés dans la première catégorie aux concerts du Théâtre de Châtelet pour seulement 10€ en vous présentant 15min avant le début du concert à la billetterie.

 

Alexandra I.

 

 

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