Hacia la Alegria ou la force de Py

HACIA LA ALEGRIA -
VERS LA JOIE -

Texte et mise en Scène : Olivier PY
Traduction : Fernando GOMEZ GRANDE -
Musique : Fernando VELAZQUEZ -
Scénographie et costumes : Pierre-André WEITZ -
Lumière : Bertrand KILLY -
Assistanat à la Mise en Scène : Luis BLAST

Avec :

Pedro CASABLANC -

Et les musiciens :

Preslav GANEV -
Desislava KARAMFILOVA -
Petya KAVALOVA -
Stamen NIKOLOV -
Lieu : L'Autre Scène du Grand Avignon - Vedène -
Ville : Avignon -
Le 06 07 2015 -
Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Avec le Roi Lear – dont vous pourrez retrouver la chronique le 12 juillet – Olivier Py présente un deuxième spectacle pour cette 69ème édition du Festival d’Avignon, Hacia la Alegria. Créé dans le cadre du projet européen Cities on stage, ce seul en scène incarné par le brillant comédien espagnol Pedro Casablanc réjouit malgré quelques maladresses.

Avis : 4 sur 5

HACIA LA ALEGRIA - VERS LA JOIE - Texte et mise en Scène : Olivier PY Traduction : Fernando GOMEZ GRANDE - Musique : Fernando VELAZQUEZ -
Scénographie et costumes : Pierre-André WEITZ - Lumière : Bertrand KILLY - Assistanat à la Mise en Scène : Luis BLAST
 Avec : 
Pedro CASABLANC - Et les musiciens : Preslav GANEV - Desislava KARAMFILOVA - Petya KAVALOVA - Stamen NIKOLOV - Lieu : L'Autre Scène du Grand Avignon - Vedène - Ville : Avignon - Le 06 07 2015 - Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Un architecte court à travers la ville, retrouve certains des bâtiments qu’il a construits, et fustige en passant la société marchande, observant les vitrines des magasins de cosmétiques, de parfums, de vêtements… cette course est l’histoire de sa déchéance, qui passe du politique au métaphysique, de la critique marchande à la quête intérieure. La déliquescence de l’être pour mieux se retrouver, une catabase pour mieux retrouver la terre. Un bel éloge de la pauvreté et de l’humilité.

Dans une chambre sombre, on retrouve le comédien Pedro Casablanc. Le marathon est double : il s’agit de courir et de délivrer le texte puissant d’Olivier Py avec une intensité à sa mesure. Il s’engage donc dans une course folle, physique, où il délivre le texte avec un débit mitraillette tout à fait impressionnant. S’agitant sur le plateau avec une rage et une énergie débordantes, il incarne avec force ce premier chapitre d’Excelsior et réussit à mêler au lyrisme une puissance parfois impressionnante.

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

Photo : Christophe RAYNAUD DE LAGE

On peut reprocher cela dit quelques maladresses, comme la scène où il se débat avec des bâches, qui peine à convaincre, ou encore la critique de la société de consommation, qui reste un poncif. Mais l’engagement est tel, si bien dans le texte que dans l’interprétation, qu’il séduit. L’ingénieuse scénographie de Pierre-André Weitz crée un espace mobile qui emporte Pedro Casablanc dans sa chute, et est baigné de lumières blafardes donnant une teinte forte et belle au spectacle. Sans oublier bien sûr le talentueux quatuor à cordes qui accompagne le comédien tout au long du spectacle avec une musique parfois d’une grande beauté, composée par Fernando Velasquez. Un spectacle fort, beau, et qui parvient à toucher. On retrouve dans Hacia la Alegria la sincérité et la force qui plaisent dans le théâtre d’Olivier Py.

Bertrand Brie

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