Dérapage contrôlé

David Siebert

Pierre Guillois, directeur du fameux Théâtre du Peuple de Bussang s’installe jusqu’au 12 février au Théâtre 71, à Malakoff. Dans son Grand fracas issu de rien, il nous présente, selon ses propres mots, un « cabaret spectral » où se succèdent des interventions d’un gymnaste, d’un comédien, d’un percussionniste, d’un jongleur et d’une chanteuse lyrique. Un joyeux bazar un peu policé et qui ne marche pas toujours très bien.

Note : 3,25 artichauts sur 5

David Siebert

David Siebert

On remarque très rapidement l’originalité du spectacle : l’outil numérique. Les différents numéros sont rythmés par des lettres, des blocs de mots… qui apparaissent sur un écran au fond de la scène. Dans une ambiance presque éthérée, fantomatique, les sons du percussionniste retentissent dans la salle, puis laissent place au talentueux comédien qui récite des textes absurdes, presque burlesques, de Valère Novarina. Suivent un gymnaste qui alterne entre barres parallèles, anneaux et cheval d’arçon ; la chanteuse lyrique et ses couches de robes, dont la voix de soprane envahit la salle ; et enfin un jongleur, qui avec quelques balles, impressionne les néophytes assumés comme moi.

David Siebert

David Siebert

Dans une ambiance bonne enfant, les blagues potaches se succèdent, entre le percussionniste qui finit par jouer sur le torse du gymnaste, et la chanteuse qui simule un orgasme. Les textes sont hilarants, et le comédien tout à fait impressionnant, notamment lors de son monologue qui paraît être, plus qu’une simple récitation de texte, une véritable performance. Cela dit les numéros se suivent et se ressemblent. Une fois la première surprise passée, cela se répète encore et encore, jusqu’à ce que l’on ressente une certaine lassitude. Une sorte de bazar organisé, un cabaret policé, qui alterne entre poésie et ratés (certains exercices du gymnaste, fort courts ne sont absolument pas gracieux, même si son exercice avec les anneaux, la vue panoramique sur des étoiles de synthèse en fond et l’un des plus beaux moments du spectacle). Si le spectacle offre de bons moments, il ne convainc pas tout à fait, tant dans sa structure que dans certains numéros. Le cabaret qui devrait être un joyeux bordel où tout est lié, est un joli dérapage contrôlé sans réel fil rouge.

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