FUZETA, gagnant du Ricard S.A Live Music

Fuzeta

Le prix Ricard S.A. Live Music a été remporté jeudi (le 13 février) par Fuzeta, un petit groupe que l’on avait bien envie de vous présenter. Ils sont quatre dont trois frères, Charles(-Alexandre) à la basse, Dorian et Pierre(-Antoine) aux guitares et chant, rejoint par Jérémy à la batterie, originaires de Vannes.

 

Fuzeta, un groupe de quatre, dont trois frères, comment s’est faite votre rencontre ?

Dorian : Nous, on faisait déjà de la musique depuis pas mal d’années, dans différents groupes. Comme Charles, Pierre et moi on est frangins, forcément ça fait quand même longtemps qu’on se connaît. Jérémy on le connaît depuis 6/7 ans, on l’a connu dans la musique, c’est venu assez naturellement avec ce dont on avait envie de parler. Avec mes frères ça coulait de source et Jérémy nous a rejoint dans ce propos-là. C’est un truc qui se vit vraiment à quatre. Mine de rien, à Vannes, on n’est pas 10 000 musiciens et on voulait trouver quelqu’un qui était sur la même longueur d’onde avec les mêmes envies.

 

Fuzeta, d’où est venu ce nom pour le groupe ?

Pierre : Fuzeta c’est un tout petit village de pêcheur qui se trouve en Algarve au Sud du Portugal. Pour faire court, notre père vit au Portugal depuis une dizaine d’années et c’est un village où on allait quand on était gosses. Comme le projet parle de notre enfance, on a cherché un nom qui colle, quelque chose de solaire, pop, pas un mot anglais. On s’est dit Fuzeta, c’est cool, tu demandes à dix personnes ce que ça leur évoque, tu as souvent dix avis différents.

 

Pourquoi justement chanter en anglais ?

Dorian : Personnellement, j’ai joué dans des groupes où je chantais en français. C’est un cheminement, ce n’est pas « ce groupe ne marche pas, demain je vais tenter autre chose, on va faire de la pop. » C’est plus une suite d’expériences, on s’est construit musicalement, on a nos influences. On se demande de quoi on a envie de parler. Une fois que l’on a trouvé le fond, dans quelle forme le faire. L’anglais est venu assez naturellement, sans doute par les groupes que l’on écoute. On ne pouvait pas citer beaucoup de groupes qui chantaient en français et qui nous influençaient directement. C’est sûr que la réponse basique c’est que c’est plus mélodieux, pour moi du moins. Ce n’est peut-être pas une bonne stratégie pour un développement en France, mais on n’a pas calculé ça.

 

Votre démarche de partir du fond pour trouver la forme, vous avez commencé comment ?

Dorian : On a pris nos vieilles guitares, on s’est dit qu’on allait se mettre à nu et chanter comme des gamins et qu’on verrait ce qui se passerait. Parce que c’est ça qu’on voulait faire. Et coup de bol ça a l’air de plaire aux gens. On part de nous, on raconte ce qui nous plaît, ce que l’on a envie de raconter, en étant le plus authentique possible dans notre démarche.

 

En vous écoutant, j’ai pensé au groupe belge BRNS, vous l’a-t-on déjà dit ?

Charles : Pour avoir joué avec eux, c’est un groupe avec lequel esthétiquement, les gens nous comparent mais dans la forme on n’a pas du tout la même démarche. Fuzeta ce sont des formats plus classiques, alors que BRNS est plus « déstructuré » avec des morceaux plus longs. Ils sont plus sur scène, ils utilisent des claviers alors que nous on n’en a pas. C’est vraiment un parti pris de ne pas en avoir.

 

Pourquoi ne pas utiliser de clavier ?

Dorian : Parce qu’on ne sait pas en jouer et parce que l’on ne veut pas trop ressembler à BRNS justement. (Rires) Si on mettait du clavier, on se retrouverait en concurrence avec des groupes comme BRNS, ou Alt J. Et surtout dans Fuzeta, on est parti du fond de ce qu’on fait envie de raconter et la forme est venue après. Clairement, on se définit comme un groupe de pop mais on vient aussi du rock. Du coup, nous ce que l’on maîtrise comme instruments, c’est basse guitare batterie. On a gardé ce support pour faire de la pop. C’est ce qui crée le côté minimaliste de la musique.

 

A ce propos, concernant vos influences, vous citeriez quels groupes ?

Dorian : Tu citais BRNS. Je les ai vus trois fois en concert, la dernière fois on a joué avec eux, ils sont géniaux les gars. On est assez fans de groupes comme Alt J, ils ont une réelle approche au niveau de la guitare. Il n’a pas de cymbale ! On écoute aussi beaucoup Bon Iver, et toute la scène un peu Vancouver. Même s’ils ne viennent pas de là-bas, mais c’est une musique que l’on qualifie de musique de Vancouver. Et puis quelques groupes nord-américain. En général les gens disent que l’on fait une musique plutôt d’origine américaine esthétiquement parlant, pas très anglaise. Mais ça ne veut pas dire grand-chose on n’est ni anglais ni américains. (Rires)

Fuzeta

Actuellement, on a l’impression que des rapprochements géographiques se font en France avec des scènes Nantaise, Bordelaise, etc qui percent. Vous vous retrouvez dans cet ancrage ?

Il y a de très belles villes avec des esthétiques, comme la scène de Caen qui est très vivace, en pop, il y a pleins de groupes. A Rennes, il y en a aussi beaucoup, plus en electropop. A Nantes également. Tous les bons groupes de France ou presque sont à Bordeaux en ce moment. On adore par exemple I Me Mine, des gars qui étaient dans les dix finalistes avec nous. On a joué aux Transmusicales avec eux, ce sont d’excellents musiciens.

Nous, géographiquement, ce qui est très pratique et à la fois pas du tout, c’est qu’en Bretagne, il n’y a pas énormément de groupes et Rennes mange un peu l’attention avec les Transmusicales. C’est un vrai vivier, il y a pleins de groupes qui viennent vivre à Rennes. Ils deviennent des groupes rennais. Mais en théorie, ils ne sont pas de Rennes. Nantes, c’est pareil. Nous on est restés à Vannes, dans le Morbihan. J’ai le souvenir d’une photo de famille que les rennais avaient faite un peu à la manière d’une photo de classe. Ils devaient être une quarantaine ou une cinquantaine. Si on la faisait à Vannes, on serait vingt ! (Rires)

Souvent, quand les gens écoutent des musiques ils ont tendance, moi le premier, à les rattacher à des groupes qu’ils connaissent. C’est vrai que ce n’est pas la démarche que l’on a quand on est sur scène. C’est sûr que l’on est influencé par ces scènes mais on ne se définit pas comme en faisant partie. Mais on est vraiment content de faire partie de cette génération là où justement on a pleins de jeunes groupes qui ont compris qu’il fallait vraiment bosser pour pouvoir sortir du lot.

 

Post Ricard SA Live Music, qu’est-ce que l’on peut vous souhaiter, où est ce que vous voulez aller ?

Nous, ce qu’on souhaite c’est passer à l’étape suivante. On ne veut pas s’arrêter, on a amorcé la pompe. Le prix Ricard qui tombe c’est évidement génial, mais ce n’est pas une fin en soi. La tournée va arriver, on n’a jamais fait dix dates d’un coup. L’étape suivante c’est profiter de ça pour trouver des partenaires, un tourneur, un label. Concrètement, là on va sortir notre EP, qu’on a enregistré il y a quelques mois via l’accompagnement du prix Ricard. Et on pense déjà à un premier album.

 

Votre album, comment vous l’imaginez à l’heure actuelle ?

Le principe de faire un album, c’est, au-delà de l’EP qui est plus une compilation des meilleurs morceaux, même si nous on ne l’a pas fait comme ça, c’est un objet qui est censé être un tout, avec une histoire, un déroulement. On a commencé à écrire des morceaux, mais on n’a pas encore le fil rouge, ni vraiment une idée précise de ce que ça donnera. On a pleins de nouveaux morceaux, mais est ce que l’on va les garder pour ce disque-là, est ce qu’on va en écrire d’autres ? On ne peut pas encore répondre pour le moment. C’est vraiment tout neuf. On a quinze morceaux figés, et à partir de cette matière là on va avancer, écrire d’autres trucs et on ne peut pas vraiment dire ce qu’il y aura sur le disque.

Pour découvrir/écouter/partager :

Soundcloud : https://soundcloud.com/f-u-z-e-t-a

Site : http://wearefuzeta.tumblr.com/

Facebook : https://www.facebook.com/fuzeta.band?fref=ts

Ricard SA Live Music (une tournée est programmée) : http://www.ricardsa-livemusic.com/

 

Camille Gerhard

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