Dans mes Oreilles #6 : Frànçois & The Atlas Mountains, et l’ombre fut

Extrait du trailer de l'album Piano Ombre de Frànçois & The Atlas Mountains

Au commencement, il y eu quelques compositions humbles, un filtre mélancolique plaqué sur l’existence, des paroles qui bruissent puis s’immobilisent. Et l’ombre fut. Frànçois & the Atlas Mountains, toujours signés chez le prestigieux label Domino Records, sont de retour. Deux ans après l’excellent E Volo Love, le nouvel opus s’appelle Piano Ombre, et l’on y retrouve la même pop aux teintes crépusculaires que l’on aime tant.

Sur ce second album, on peut assister aux déambulations psychologiques d’un « je » à la dérive, mais une dérive douce et maîtrisée. L’intention de Frànçois Marry,  initiateur du projet, est de retracer « un voyage fait d’épreuves personnelles, de découvertes et de résolutions ». Accompagné de ses quatre musiciens, il puise dans le vocabulaire simple de la nature, nous parle de feuillages, d’écorce et de petit bois. La voix de Frànçois, obscure et sincère, est celle d’un conteur assagi. Du continent africain, il en importe les couleurs ancestrales, une âme primitive et fantasmée, les rythmes aussi.  Piano, percussions et cordes sont les composantes d’une pop hypersensible, tantôt ombragée, tantôt frivole mais toujours tendre. Le single « La vérité », sorti depuis quelques semaines déjà, est à l’image de cette poésie légère où résonne l’héritage de Daho, avec lequel Frànçois Marry a collaboré.

 

 

Les dix titres qui se succèdent sur Piano Ombre sont une léthargie heureuse, un demi-sommeil aux angles imprécis. « Réveil inconnu » est d’ailleurs le titre d’un des plus beaux morceaux de l’album. La musique de Frànçois foule, sereine, l’espace des rêves et des possibles. Celui-ci déclarait à ce propos, dans une interview donnée aux Inrocks : « J’essaie d’ouvrir les yeux, de ne pas juger, de voir les choses telles qu’elles sont. D’être dans un état de silence absolu. Du calme, comme un coma éveillé ». Le temps est mis à distance, pour quelques minutes : ne reste plus qu’à le contempler.

 

 

LHT.

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