Forsythe et Millepied illuminent la Ville

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Cette année, le Festival d’Automne dédie un portrait au célèbre chorégraphe William Forsythe, ancien directeur du ballet de Francfort, et artiste génial et polyvalent. Samedi dernier se jouait au Théâtre deux de ses oeuvres dansées par le ballet de l’Opéra de Lyon, avec la Sarabande de Benjamin Millepied.

Les plus :
– Les deux dernières pièces superbes et accessibles
– Une musique qui accompagne à chaque fois parfaitement les danseurs
– Une fluidité des mouvements incroyable en ce qui concerne les deux premières pièces

Les moins :
– Une première pièce moins accessible, plus longue et plus lente ; assez difficile à suivre parfois

Note : 4 artichauts sur 5

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La première œuvre présentée, Workwithinwork, se présente comme un assemblage complet et impressionnant des nombreuses combinaisons que l’on peut faire avec un groupe de danseurs aussi important. Ces quinze artistes remplissent la scène d’une masse fluide et volatile, et offrent au public certains moments d’une grâce exceptionnelle. Malgré tout, la majorité de cette pièce de ballet réalisée sur un rythme fort lent, est difficile à saisir. Le foisonnement scénique est tel que l’on ne peut profiter de tout si l’on n’est pas un adepte de danse contemporaine, et c’est parfois difficile d’apprécier le spectacle.

Suit alors la Sarabande de Millepied qui met en scène quatre danseurs, et offre au public un ballet aérien et délicat. Les corps se mêlent, se poussent et s’accompagnent avec grâce, au fil de la flûte traversière et du violon. Il faudrait par-dessus tout citer, la danse très musicale de Tadayoshi Kokeguchi, qui met parfaitement en perspective cette partition de Bach.

ONE FLAT THING REPRODUCED de William Forsythe

Enfin, lorsque le rideau se lève pour la troisième fois, une dizaine de tables sont mises au devant de la scène par une course folle, dans un fracas assourdissant. Dans One flat thing reproduced, William Forsythe met en scène quatorze danseurs qui surgissent de sous les tables, rampent, tombent, courent… Forsythe orchestre une sorte de grande machine dansée ; les mouvements sont saccadés et la musique angoissante. Les gestes sont quelques stéréotypes industriels, mécaniques. Sur scène s’active en somme, une usine grouillante, anxiogène, mais incroyable.

Bertrand Brie

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