Interview: FFF, ce n’est que le début

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Quand on leur demande le mot de la fin ils nous disent que ce n’est que le début. FFF est un groupe qui aime à aller à contre courant.

Quand le groupe se produit aux Transmusicales de Rennes en 1990, 5 maisons de disques attendent à la sortie du concert pour les signer. Les Furious Five de Paris apporteront beaucoup au funk francais, s’imposant comme le groupe majeur des 1990s. Ils accumulent des succès tels que Barbès, Morphée ou Le pire et le meilleur, inondent M6 Matin de leurs clips et surtout squattent les scènes des gros festivals. Une victoire de la musique et un stade de France plus tard, le groupe tourne à vide. Après Vierge, un album mal produit, il se sépare. Le quatuor reformé nous reçoit aujourd’hui, à la veille de son retour parisien, pour une date de chauffe à Lille.

FFF-Interview

L’interview commence par l’inévitable interrogation : pourquoi se reformer, pourquoi maintenant ? Ils nous répondent qu’ils avaient envie de sortir de leur hibernation, que les conditions climatiques étaient réunies. Après un concert en 2007, l’idée de se reformer fait du chemin dans l’entourage du groupe et c’est à l’occasion d’un concert pour le secours populaire qu’ils se décident finalement. Les voilà donc de retour pour faire fondre leur musique sur le Monde. Ils ont commencé par faire la « tournée des popotes », puis ont réenchanté les Parisiens avec 3 dates la dernière semaine de Mars (leur concert à la Cigale a été enregistré par ARTE, il est visible ici). FFF sera cet été de nouveau à l’affiche des festivals, ce qui leur permet de revenir vers leur milieu naturel, la scène, où le groupe s’est toujours donné au maximum.

Pour les quatre musiciens, la grosse décennie de séparation (2001-2014) a été une période de changements. Avant tout, nous disent-ils, ils ont mûri.  Marco a de la barbe, l’acné l’a quitté. Yarol est devenu Directeur Artistique de Johnny Hallyday, et a monté Black Minou avec son frère Melvil. Tous ont composé des bandes originales de films. Mais en définitive, comme Krishou l’explique, aucun des collaborateurs émérites qu’ils ont pu rencontrer n’a su les enchanter autant que de jouer ensemble de nouveau. Le public aussi a changé, aux nostalgiques s’ajoutent de nouveaux fans dont les parents on vanté le nom de la Funky Family. Des jeunes de 16 ans chantent des refrains de chansons composées avant leur naissance.

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Le changement est aussi musical : les anciens morceaux vont être remis au goût du jour, et déjà de nouveaux titres sont testés sur scène. Attentifs à l’air du temps, les FFF citent Disclosure, Arcade Fire, les Yeah Yeah Yeahs, et même s’ils l’apprécient, se différencient de la vague « vintage » portée par le label Daptone (Sharon Jones, Charles Bradley…) ou, d’une autre manière, par Daft Punk. Eux, plutôt que du « néo-vieux », refusent le retour en arrière pour malaxer librement la matière sonore. Niktus passe aisément de la basse au synthé, Krichou lance des samples, FFF s’affranchit du cahier des charges du funk. Comme le dit Yarol, même s’il aime les belles guitares, ils ne sont pas des fétichistes.

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Quand on leur demande ce qu’ils aimeraient faire, ils ressortent des cartons le projet de concert unplugged  qui avait été annulé à l’époque suite au décès de Kurt Cobain, jouer leurs vieux morceaux avec des derboukas, des fanfares, des musiciens des quartiers

 

populaires, leur faire « un grand big up pour passer à autre chose ». Même s’ils ne le mentionnent pas explicitement, un nouvel album semble bien être au programme, quand les nouvelles chansons, encore au stade d’ébauches, auront un nom. Ils sont prolifiques nous disent-ils, une chanson peut naître en deux jours. Interrogés sur leur inspiration, plus de dix ans après, les chevaliers de la New Funk Generation trouvent le combat identique et les méchants toujours là. Fermement anti-violents, groupe de quartier devenu incontournable, ils restent à contre-courant.

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En effet, FFF fait en ce moment fi des codes de l’industrie, puisqu’ils sont libres de toute maison de disques, alors même que leur retour s’affirme comme l’un des évènements scéniques de l’année.

 

Et de fait, sur scène,FFF se donne à fond, avec une énergie largement partagée par un public bouillant. Après 2 rappels, Niktus et Krichou se lancent dans la foule. FFF a pris un nouveau élan

Louis Watters, Léonie Debrabandère et Maxime Gueudet

 

 

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