Feu! Chatterton sous les feux de la rampe

feuchatterton-by-RichardSchroeder

On vous parlait déjà d’eux ici, l’an dernier lors du festival Chorus. Mais on s’est dit que 7 Trianon dont 5 déjà passés et COMPLETS, ça valait le détour. Si vous avez loupé la déferlante Feu! Chatterton, il est peut-être utile de remettre en avant les éloges qui leur sont faites par les divers médias :  « Un album au titre aussi énigmatique que le nom du groupe qui le compose… le résultat est un coup de cœur absolu ! » pour France Inter, « Le groupe Parisien Feu! Chatterton est assurément l’un des héritiers les plus crédibles de la génération des Gainsbourg et autres Bashung. » pour Arte Concert ou encore pour la Fnac : « Feu! Chatterton s’impose aujourd’hui comme la relève moderne et élégante du rock français. ». Prix Chorus et Premières Francos 2014, ainsi que les Inrocks Lab en 2015, ils voguent à pleine allure depuis. On les a retrouvés au studio 105 pour France Inter en octobre aux côtés de Lou Doillon peu avant la sortie de leur album Ici le jour a tout enseveli. Puis lundi 7 mars au Trianon.

 

5 membres, 5 mecs, 2 styles : penchant rock pour les musiciens (Sébastien (guitare, clavier), Clément (guitare, clavier), Antoine (basse) et Raphaël (batterie)) , assumé dandy pour Arthur, le chanteur. C’est cette tension, complémentarité pertinente que l’on retrouve tout au long du concert. « C’est l’allure du XVIIIe siècle avec la musique et les rêves d’aujourd’hui » (France inter, Le nouveau rendez vous) La musique esquisse le décor. Arthur, lui, nous entraîne à sa suite, pas à pas, à la fois chef d’orchestre et narrateur. Il maîtrise la langue française et en joue, grandiloquence assumée. Chef d’orchestre lorsque, apostrophant les rangs les plus éloignés, pour qu’ils se lèvent afin de mieux communier ensemble. Jouant du « nous », il prend le public à parti, l’enrôlant à son tour. « Nous étions frères et les choses ont changé ».

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Sous le projecteur central comme sous les feux de la rampe, il relate cette histoire, gestuelle à l’appui. Évènement particulier, souvenir relaté, prennent forme tour à tour, alternance de rythmes rapides où le Trianon oscille, et de mélodies plus touchantes. Le Trianon redevient théâtre, Arthur tient un rôle clef, sans toutefois écarter les musiciens : il ne serait rien sans eux. Les chansons, histoires racontées, se suivent sans arrêt subi : les transitions font mouches, édifiant le décor. Le dessin de l’histoire suivante est en cours.

Ce sont ces histoires qui nous entraînent, susurrées, scandées, chantées. Nous, s’apparente alors autant à moi, qu’à toi et tes 20 ans, qu’à lui 46 ans et eux, ce couple de 34 ans. Ils nous ont séduit par la fougue de leur texte, l’imaginaire qu’ils déploient et l’énergie qui découle de leurs chansons.  Nous les suivons dans des rivages lointains, simple spectateur fasciné lors du naufrage du Cote Concorde. Puis nous revenons à Paris, devenons ce parisien amoureux sur le Pont Marie.

            « Que diable peut faire le Poète dans la manœuvre ? » (A. de Ligny, cité par Feu! Chatterton ) : nous faire voguer, ici et ailleurs.

Camille Gerhard.

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