Erkin Koray, le père du rock Turc

Korin

C’est parti pour la Discovery Channel de l’artichaut! On fait travailler ces glandus de 3A au soleil. (Ou pas.)

Pour débuter notre série sur les Tropicarts, j’ai décidé de parler d’un mec assez classe, Erkin Koray, souvent considéré comme le papounet du rock Turc.

Né à Istanbul en 1941, Erkin Baba (Papa Erkin donc,), est une véritable légende en Turquie. Il est l’un des musiciens le plus révolutionnaires de ce dernier siècle, puisqu’il a officiellement été le “premier rockeur turc” ( eh oui, ça a de la gueule ça). Dans les 60’s, à une époque où le Rock n’ Roll commencait vaguement à s’infiltrer sur les ondes turques (et uniquement de l’import venu des US ou de l’Angleterre), il découvre ce miracle qu’est la guitare éléctrique. Commencent alors de belles expérimentations qui vont faire rencontrer les méchants riffs et la saturation du rock n’ roll avec la musique traditionnelle turque et du Moyen-Orient. Il va par exemple electrifier l’instrument traditionnel turc, la Bağlama. Le tout donnant un rock psychédélique aux accents orientaux plutôt fameux.

Korin

Il se lance dans la musique et dans le rock dès ses 15 ans, et après son service militaire, il pose ses valises à Hamburg pour mater un peu ce qu’il s’y passe au niveau musical (pas grand chose comme on le sait, juste les Beatles qui passaient par là…). De retour en Turquie en 1965, il démarre alors véritablement son envolée musicale.
Même s’il est aujourd’hui plus connu pour sa carrière solo, ses groupes de la fin des 60’s sont aujourd’hui considérés comme les premiers musiciens underground de Turquie, et méritent tout de même d’être mentionnés pour leur influence sur le rock Anatolien naissant. Ils ont aussi ouvert pas mal de portes pour les générations futures en forçant les maisons de disques à s’adapter aux nouveautés du mouvement psychédéliques (elles n’ étaient pas encore tout à fait habituées aux solos de guitare de plusieurs minutes et à tout ce joyeux bordel qu’est le rock progressif).

Un petit exemple pour la route : Yeraltı Dörtlüsü (underground foresome), actif entre 1969 et 1971:

C’est en 1970, une fois parti en solo qu’Erkin Koray lâche ses véritables bombes musicales, avec deux EP Tutkusu, et surtout Elektronik Türküler considéré comme son chef d’oeuvre.

Erkin Koray – Cemalim

Pour le côté rock star, il devient une figure hautement controversée à son époque, notamment en tant que premier chevelu de Turquie. Avec ses pantalons pattes d’ef colorés et ses cheveux longs, il est agressé à plusieurs reprises et même une fois poignardé dans les rues d’Istanbul – bah ouais faut pas déconner quand même.

Depuis 1970 il a enregistré une bonne quinzaine d’albums et s’est forgé un statut de légende musicale en Turquie. Même si son dernier album remonte à 1999, il reste assez actif en donnant des concerts par ci par là et en soutenant des jeunes groupes.

Erkin Koray – Yalnızlar Rıhtımı

S. Seiller

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