Enzo Carniel présente « érosion »

Enzo Carniel

Sortie de l’album « érosion » de Enzo Carniel sur le label Nomad music, concert exclusif au Sunside pour l’album.

Un album solo, un pianiste solo dans l’ambiance chaleureuse du Sunside. Avant que le concert débute, je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un coup d’œil à l’intérieur du piano : des petites pièces de 5 centimes glissées entre les cordes, 2 bols tibétains à portée de main ; Au bonheur ! Un piano préparé !

Les deux premiers morceaux débutent comme une médiation, les notes du piano résonnent et oscillent avec les harmoniques des bols, une initiation au concert et à l’univers d’Enzo Carniel.

 

Enzo Carniel

 

On entend du Jazz, de la musique Contemporaine, une alliance entre Monk et Dalbavie (voir même Artie Shaw … mais ça c’est pour la blague … désolé …).

Rythmiques complexes ; une technique remarquable, du 5 temps à gauche, du 7 à droite (on en oublie de compter tellement c’est bon) ; orchestrés par une extraordinaire indépendance des mains (et dieu sait que j’adore ça !). Un Bach reprenant des standards de Jazz 400 ans plus tard !

On fait comme le pianiste, on ferme les yeux et on se laisse transporter. On ne peut s’empêcher d’entendre des références à The Bad Plus. Ca swing, quand ça swing plus, on reçoit un jazz de la dernière heure d’un bar de New York, tout en restant dans la modernité, on perçoit des couleurs de romantisme, on voyage.

Après quelques morceaux solos, un saxophoniste alto arrive sur scène, les bols tibétains aussi, les deux instruments entament une discussion méditative. Le set se fini avec du Monk.

2e set ! Retour du pianiste en solo, il attaque avec un morceau très Contemporain frôlant la musique électronique, petite ressemblance avec le piano parlant :

Le son progresse, passe la frontière du Jazz, se naturalise petit à petit tout en gardant ses origines (un syncrétisme pour ceux qui font de la socio).

Entre ensuite, successivement, une contrebasse, un sax ténor, chacun avec un morceau spécifique. Alors que le pianiste était déjà bon seul, son entourage est tout aussi doué. Génial !

Les 4 cavaliers sont réunis pour le dernier morceau : « it’s me o’ Lord ». Des teintes de Blues, de Gospel, un petit détour par la Nouvelle Orléans.

En résumé, la musique d’Enzo Carniel est itinérante, musicalotroteuse (voir peut être charnelle … CarnielàCarneàviande pour les hispanisants ? Nan ? bon …)

Les + :

  • Les morceaux solos sont expérimentaux, pleins de surprises, et c’est bon !
  • Le Quartet est solide, agréable, plein de couleurs, du bon Jazz.

 

Les – :

  • Si le Sunside est un endroit sympa, il reste un peu trop bruyant pour des morceaux solos où le pianiste joue pianissimo.

Enzo Carniel

 

Si le cœur vous en dit, vous pouvez écouter le dernier album d’Enzo Carniel sur Deezer.

 

Antoine Malbos de Latour

Comments

  1. Bonjour,

    merci pour ce compte-rendu du concert d’Enzo.
    Petite précision néanmoins ! L’album d’Enzo n’est pas du tout le premier album physique du label NoMadMusic. Quasiment tous nos albums paraissent au format physique, à l’exception de quelques unes de nos premières sorties 2014.
    Est-ce possible de rectifier ? Merci !

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