Easy et le mumblecore

Easy était l’une des séries les plus attendues de 2016. Produite par Netflix, son format singulier et son casting de rêve ont de quoi séduire. Le résultat final surprend et peut laisser sur sa faim mais de nombreux éléments font de cette série une nouveauté rafraîchissante.

L’intrigue est simple : elle tourne autour des relations humaines. Joe Swanberg, son créateur, s’intéresse aux histoires d’amour, à la sexualité mais aussi au rapport à la culture face à l’émergence de la technologie dans notre société. Ce sont des thèmes intéressants, classiques dans l’univers des séries mais très pertinents dans le cadre d’une société où le numérique prend beaucoup d’importance.

L’angle de vue que propose la série Easy est singulier. Chaque épisode s’intéresse à de nouveaux personnages. Ils sont variés, d’âges et de milieux différents. On suit ainsi un écrivain en pleine crise existentielle, un couple qui n’arrive plus à pimenter sa vie sexuelle ou encore les difficultés d’une jeune femme à faire face au régime végétalien de sa petite amie. Ces épisodes demeurent liés par la présence de personnages d’autres épisodes, croisés au détour d’un café ou d’une troupe de théâtre. La contextualisation est simple : le spectateur peut se reconnaître et identifier des personnages types qui lui ressemblent où qu’il croise au quotidien, sans se douter des problèmes qui les troublent. Les personnages sont pour la plupart drôles et attachants.

Le casting est d’autant plus très riche. On peut ainsi retrouver Dave Franco (Insaisissables), Aya Cash (You’re the worst), Orlando Bloom ou encore Emily Ratajkowski, Michael Chernus (Orange is the new black) et d’autres belles surprises.

© Zac Hahn/Netflix
© Zac Hahn/Netflix

En revanche le traitement technique peut rendre sceptique. Les épisodes sont très courts, environ vingt-cinq minutes, mais le rythme demeure très inégal. Dans la même fibre, la série You’re the worst, bien plus piquante et dynamique semble mieux réussir à capter l’attention du spectateur. Le format ne permet pas toujours de s’attacher aux personnages au travers d’histoires réinventées à chaque épisode. Il semble alors normal que le spectateur n’apprécie pas tous les épisodes. Le ton de la série alterne aussi beaucoup, des scènes très sérieuses succèdent à des moments de gêne ou de rire qui prouvent bien que la série tend au maximum à se rapprocher de la réalité. C’est d’ailleurs un parti-pris important du créateur qui cherche, comme dans toutes ses autres œuvres, à peindre un monde le plus proche possible de celui dans lequel il vit. Joe Swanberg est la figure de proue du mouvement mumblecore, un style cinématographique qui favorise l’improvisation et un regard naturaliste sur les événements. Pour lui, les séries actuelles jouent beaucoup sur la spontanéité. Les blagues touchent plus le public si elles n’ont pas été écrites à l’avance. Il a ainsi laissé beaucoup de libertés à ses acteurs dans Easy et favorisé la naissance d’une vraie alchimie entre eux, ce qui semble fonctionner plus ou moins.

Finalement, on termine les huit épisodes de cette première saison avec un sentiment mitigé. Quelques épisodes sont de véritables pépites, posant un œil nouveau sur Tinder, les selfies et la sexualité. D’autres, plus lents, ne réussissent pas forcément à nous captiver. La série semble toucher tout le monde d’une manière différente et inégale, selon les histoires de chacun et c’est peut-être ce qui représente son principal intérêt. Easy n’en reste pas moins une série très intéressante qui ne manquera pas de piquer votre curiosité.

Les points positifs :

  • Les sujets traités
  • Un format particulier
  •  Le casting

Les points négatifs :

  • Une réception inégale des épisodes
  • Une réalisation singulière

 

Léa Loubet 

 

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