DAVID BOWIE IS : et je suis in love de David Bowie

Photographie pour la couverture de Aladdin Sane, 1973 
© Brian Duffy - Duffy Archive and The David Bowie Archive

Où ça ? A la philharmonie de Paris.

Quand ? Du 3 mars au 31 mai 2015.

La petite histoire : David Bowie is c’est une expo itinérante lancée en 2013 déjà passée par Londres, Berlin, Sao Paulo, Melbourne, Chicago. Imaginée par Victoria and Albert Museum, elle nous propose un itinéraire complet du parcours de la supermégastar internationale David Bowie.

Les plus :

  • ça envoie du lourd !
  • la technologie, se balader casque vissé sur la tête et profiter d’une voix bowiesque ça n’a pas de prix.
  • les C O S T U M E S my dear !
  • très bonne mise en contexte de son oeuvre dans les périodes définies.
  • la dernière salle : des étoiles plein les yeux.

Les moins :

  • plutôt un conseil : prévoyez du temps pour la visite , un gros après- midi par exemple

Note artichaut : 5/5

Costume dessiné par Kansai Yamamoto pour Aladin Sane tour, 1973 © Sukita-The David Bowie Archive

Costume dessiné par Kansai Yamamoto pour Aladin Sane tour, 1973
© Sukita-The David Bowie Archive

8 janvier 1947, Londres un certain David Robert Jones Bowie est né. David Bowie se fabrique d’influences, de courants, de pensées c’est ce qui fera sa diversité. Tout est dans le titre David Bowie is … whatever he wants serait-on tenté de dire. Le pitch : David Bowie nous ouvre les portes de son univers au travers de milliards d’objets, d’influences, de sonorités. A l’aune de ses différents styles musicaux évoluant sans cesse, l’artiste nous étonne de salle en salle. Cette exposition construite chronologiquement nous permet de suivre la progression du chanteur dans son rapport à la musique tout en mettant en perspective le contexte d’une époque. Ainsi on peut se balader dans un David Bowie “astronaute de l’espace intérieur”, inventeur du “glam rock” ou encore parmi ses années “black and white”. Bien que fan (conquise) de Bowie, cette exposition m’a vraiment permis de le redécouvrir. L’expo est truffée de petites anecdotes : David Jones écrit la chanson titre de l’adaptation du roman de Colin MacInnenes, Absolute begginers et interprète même un patron d’agence de publicité , le saviez-vous ? David Bowie avait aussi l’ambition de devenir un Elvis Presley; c’est pourtant Lonnie Donegan qui le convainc de passer à l’acte. Toutes ces anecdotes fabriquent peu à peu le personnage que l’on retrouve dans chaque salle, le plus délirant je pense est de se souvenir que l’on parle d’une seule et même personne. David Bowie le dit “I’m a collector”, c’est donc une collection de pensées, réflexions et de démarches artistiques qui s’offre à nous.

Les installations sont aussi très bien pensées de sorte que chaque salle reflète le style bowie de la période. La salle David Bowie is thinking about a world to come nous présente le costume de la star dans une boîte avec un clip en arrière-fond qui accentue encore plus le côté cubique de la tenue. Toujours pas convaincu ? Rendez-vous au studio, oui car chez Victoria and Albert Museum comme on ne fait pas les choses à moitié, on a installé un mini studio où l’on peut entendre des enregistrements du chanteur et admirer ses pochettes de vinyles. Le fait que l’esthétisme de l’expo prenne une place aussi importante peut sembler déroutant mais – car il y a toujours un mais – ne pas le faire aurait été une insulte à l’artiste qui tout au long de sa carrière a voulu revisiter tout ce qui lui servait de support artistique. Oubliez toutes les expo vues jusqu’ici , on entre dans le monde Bowie à la fois agité et découpé au millimètre près.

Costume de scène dessiné par Kansai Yamamoto pour le Aladdin Sane tour,  1973 Photographie de Masayoshi Sukita © Sukita-The David Bowie Archive

Costume de scène dessiné par Kansai Yamamoto pour le Aladdin Sane tour, 1973
Photographie de Masayoshi Sukita
© Sukita-The David Bowie Archive

Bowie un faiseur de tendance ? Souvent qualifié de l’inventeur du glam-rock il surprend lorsqu’un mois avant sa tournée Ziggy Stardust il lève le voile sur sa bisexualité. Plus qu’un faiseur de tendance et un militant , Bowie est multidimensionnel. Les multiples personnages rêvés et animés du chanteur sont une réponse de son imagination. Même lorsqu’il s’engage , s’intéresse et se cultive on comprend la part enfantine, l’esprit mal tourné et sans limites qu’on trouve en lui. En vrai touche à tout, on le voit comédien, artiste, mannequin, écumeur de galerie d’art ou encore inventeur lorsque dans les années 90 il donne vie à un générateur aléatoire de mots ! Fasciné et fascinant Bowie traverse les époques sans jamais être un has been contrairement à d’autres pop stars vite oubliées.

Et le musicien ? Aléatoire, lui correspond au mieux. Certains essaieront d’expliquer ses écrits, de comprendre ses sonorités mais la vérité c’est que la rock-star laisse une énorme place au hasard. Lors de l’un de ses voyages à Berlin David Bowie s’amourache du groupe (mythique) dit alors électronique, Kraftwerk. S’enchaînent de nombreuses expérimentations en studio qui donnent une teinte particulière à son douzième album Heroes. Ce voyage qui au départ était un moyen de se déconnecter d’une réalité trop violente, notamment avec une consommation excessive de drogue et la pression de la célébrité, devient une source d’inspiration.

L’exposition David Bowie is n’est pas une biographie et c’est ce que l’on aime. On peut penser faire une overdose du chanteur mais son interactivité joue en sa faveur. Conclusion : à refaire !

 Lou Guérin

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