Constellation d’Adrien Bosc : la prochaine étoile?

constellation

Vous est-il déjà arrivé, une fois à bord de n’importe quel moyen de transport de vous arrêter sur chaque visage ? De décrypter les expressions ? Ou mieux encore, d’imaginer la vie de chacun ? A travers son tout premier roman, c’est la vision que nous propose le jeune et prometteur Adrien Bosc dans Constellation, à un détail près : lui n’est pas à bord.

Si vous êtes un fan inconditionnel d’Edith Piaf, vous saurez surement que sa liaison passionnée avec le champion du monde de boxe de l’époque, Marcel Cerdan, fut interrompue de manière tragique par un crash d’avion qui écourta la vie du champion et ébranla celle de la chanteuse. Cet avion, c’était le Constellation. La célèbre violoniste de renommée mondiale, Ginette Neveu était, elle aussi, à bord de cet avion : Coïncidence ? Des années plus tard, Bosc rouvre donc un dossier oublié mais sans vraiment poser la question du comment de l’accident, plutôt du pourquoi. Ce livre repose énormément sur l’idée de destinée, de hasard : le déroulement des choses de la vie a-t-il un sens ?

L’auteur nous invite à nous plonger dans le drame mais à la lumière de la vie de chacun des personnages.

PREMIERS ROMANSIl se fait lui même narrateur et se pose en journaliste en quête de vérité et de découverte. Il nous dévoile au fil des pages la vie des 48 passagers qui était à bord du vol du Constellation le 28 octobre 1949 ; et par un jeu de style incroyable il parvient à tisser une sorte de toile qui relie la vie de chacun d’entre eux. Il lui aura fallu un énorme travail de recherches, d’enquêtes, de fouilles pour parvenir à un récit imprégné de tant de réalisme.

Le point de vue de l’œuvre est, ce qu’il y a de plus intéressant. Il ne s’agit pas de donner de l’importance au crash, résultat de millions de coïncidences mises bout à bout, mais de redonner vie aux victimes, qui forment la matrice vivante du récit.

On ressent tout le travail de recherche que l’auteur a fourni. Muni d’un fil mince, il l’a étiré de bout en bout pour nous offrir un panorama de l’accident complet et détaillé. C’est d’ailleurs l’un des seuls reproches que l’on pourrait lui adresser : le fait de vouloir trop en dire.

Malgré tout, ce livre est l’une des plus jolies surprise de la rentrée littéraire, il est sélectionné notamment pour le prix Goncourt et le prix Renaudot : de quoi donner de l’espoir et du crédit à la jeunesse littéraire !

Si je devais lire un morceau de l’œuvre voici celui que je choisirais et qui reste la plus jolie description que l’on puisse en faire : « Un concours infini de causes détermine le plus improbable des résultats. Quarante-huit personnes, autant d’agents d’incertitudes englobées dans une série de raisons innombrables, le destin est toujours une affaire de point de vue. Un avion modélisé dans lequel quarante-huit fragments d’histoires forment un monde. »

Ainsi, Constellation n’est pas juste à comprendre comme le nom de cet avion à la fin tragique. C’est aussi, si on lève les yeux, une infinité de petits points lumineux brillant séparément, mais formant, par le pur des hasards, un tout cohérent.

 

 Mathilde Thonon

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