Comme un boomerang, Gainsbourg revient des jours passés

Car oui – comme un boomerang – Gainsbourg revient des jours passés. Au 46 rue de Poitou, nichée au cœur du Marais, la Galerie de l’Instant expose du 11 mars au 31 mai 2016 les clichés du photographe Tony Frank. Ce dernier, habitué à suivre les stars, présente ici ses meilleures photographies du chanteur. Ainsi, le mythique Serge Gainsbourg est célébré : le chanteur apparaît dans son intimité, dans ses amours, dans son travail, chez Régine auprès de Jane – de quoi cultiver la nostalgie pour celui disparu il y a tout juste 25 ans.

Paris, 1978 Serge Gainsbourg © Tony Frank
Paris, 1978 Serge Gainsbourg © Tony Frank

Dans de multiples photographies monochromes, l’homme à la tête de chou, amoureux de musique et des femmes, est immortalisé à nombreux moments de sa vie. À l’entrée de la galerie, deux bouquets de fleurs entourent un grand cadre proposant une multitude de portraits déclinés de l’artiste – qui rappellent la chronophotographie. A peine rentrés, les passants s’immiscent donc dans une ambiance de célébration iconique, pour celui mort trop jeune et ayant laissé derrière lui un très vaste héritage musical. Différents formats de photographies sont exploités par Tony Frank. Des portraits surtout, des clichés à hauteur d’homme : de quoi se focaliser sur les personnages, leur style de vie, leur charisme (…) Il s’agit pour certaines photographies de shootings, mais d’autres cristallisent des évènements, capturés sur le vif. Cette exposition plonge véritablement le spectateur dans le milieu rock’n’roll des années 70 – ce qui se retrouve d’ailleurs dans la disposition des tirages : sur le sol, sur les murs ou à même les étagères, le pêle-mêle Gainsbourg occupe tout l’espace et hypnotise.

Serge Gainsbourg Jane Birkin Normandie, 1969 © Tony Frank
Serge Gainsbourg Jane Birkin Normandie, 1969 © Tony Frank

La galerie se consacre ainsi pour une grande part à Serge Gainsbourg, qui n’est représenté qu’à travers l’œuvre de Tony Frank. Photographe français, celui-ci débuta sa carrière dans les années 60. Il sublima l’album Melody Nelson de Gainsbourg mais suivi également la carrière de Johnny Hallyday, Eddy Mitchell, Michel Polnareff ou encore Bob Dylan. De fait, il travailla avec des grandes stars de ce dernier demi-siècle. Afin d’honorer Serge Gainsbourg, ceux qui l’ont côtoyé se sont joins au vernissage : Tony Frank, évidemment, afin de présenter son œuvre mais aussi Jane Birkin en personne ; elle qui apparaît sur tant de photographies à travers l’exposition.

Chez Régine, Paris, 1968 © Tony Frank
Chez Régine, Paris, 1968 © Tony Frank

L’homme qui se trouvait laid apparaît à travers les clichés de Tony Frank plein de beauté et de sensualité. De fait, les images sont sélectionnées telles que l’on oublie la vie éprouvante qu’il mena : de sa tendresse envers Jane à son pouvoir de séduction, une cigarette entre les lèvres et le regard perçant : le mythe Serge Gainsbourg est encore bel et bien vivant.

 

Les plus : Un événement mélancolique, qui plonge les visiteurs dans le souvenir de Gainsbourg et dans son personnage charismatique. L’intimité se mêle à la nostalgie tout en appuyant l’immortalité et l’intemporalité de l’icône.

Les moins : Les clichés méritaient d’être plus contextualisés, davantage d’informations auraient été bienvenues.

Nombre d’artichauts : 4,5

Noémie GUEZ & Paul ANDREU

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