Chroniques de Sciences Boules – Episode 2

« C’est bien elle qui vient de s’asseoir à califourchon sur son visage, ses genoux frais dans l’herbe humide, faisant de sa robe un cocon étouffant et magique.

Il n’en revient pas de cette audace, de ce geste qui, en l’espace d’un instant, lui offre plus qu’une vie passée à tenter de soutirer aux femmes ce qu’il fantasmait d’elles et à essuyer les mensonges sur leurs lèvres mal maquillées. Alors que, le nez à deux doigts de sa culotte de coton blanc, l’analyse de la situation laisse peu à peu place au tournis de l’excitation, il sent son sexe durcir rapidement.

« Le fait que, à cet instant précis de la sécularisation du monde, l’homme choisisse de se placer sous l’autorité d’une constitution, c’est-à-dire, finalement, de passer des mains d’un dieu à celles d’un autre, montre bien à quel point – et ceci est valable encore aujourd’hui – nous sommes terrifiés par notre liberté. »

Peu attentif à ce filet de paroles, si sérieuses, qui s’échappe de la fenêtre de l’amphithéâtre, il réfléchit à la façon dont il va remercier la jeune fille de tant de témérité. Sachant très pertinemment que ce que l’on promet à plus de prix que ce que l’on donne, il commence simplement par effleurer, de ses lèvres entrouvertes, le creux de sa cuisse. N’ajoutant rien d’autre à cette caresse que celle du bout de son nez, il remonte, en s’appliquant à prendre son temps, jusqu’à s’approcher du petit renflement qui constitue le précieux foyer de chaleur de leur cabane improvisée, provoquant chez l’inconsciente une brûlante accélération de sa respiration charmante. Au sommet d’un soupir, alors qu’il tend au but qu’il feint de s’être fixé, il cesse brutalement ses attouchements. 

Il redescend alors sous le second genou et reprend le même chemin, en mordillant cette fois la chair chaude et soyeuse. Avec la même lenteur, il remonte à nouveau vers l’origine voluptueuse du monde, qu’elle commence à tendre irrésistiblement vers lui. Lorsqu’il arrive à destination, non content de la voire cambrée dans son imploration languissante, il pousse la provocation en ne s’infiltrant pas immédiatement sous le tissu qui suinte déjà l’émoi, mais en y appuyant simplement sa bouche ouverte pour y appliquer son souffle régulier. Il persévère, jusqu’à sentir de frissonnantes suppliques parcourir les jambes de sa partenaire.

Il passe alors un doigt sous la culotte pour découvrir le sexe lourd d’humidité mais, avant qu’il n’ait le temps de porter sa langue au bord des lèvres affriandées, celles-ci se retirent précipitamment, emportant l’étoffe lumineuse avec elles et laissant à nouveau voir le ciel, vide. »

Faust.

Leave a Reply