Childish Gambino au firmament.

Un jour, Dieu créa la Terre, le diable créa BHL et le McRib, quelques années plus tard, Donald Glover se créa, au Canada. Depuis, il fait de la musique, écrit pour la série 30Rock, fait des stand up sur la chaîne Comedy Central, joue Troy Barnes dans la série Community … et disperse son talent façon puzzle sur la face de la Terre.

 

Qu’on se mette d’accord, je suis un très grand fan de Donal Glover et cet article n’est pas totalement objectif. Le problème, quand on parle de Donald Glover, et plus particulièrement de sa musique, est qu’on ne peut pas trouver de juste milieu. Entre son rap agressif et Troy Barnes, le gentil et un peu bête ami de Abed dans Community, le juste milieu de la schizophrénie est dur à trouver.

 

Commençons par le commencement, Childish Gambino (le nom de scène de Donald Glover vient d’un générateur de nom du Wu Tang Clan) commence la musique vers 2005. Il se fait relativement remarquer jusqu’à la sortie de CAMP en 2011. A ce moment là, les choses s’affolent. Le magazine Pitchfork (un blog de musique, qui organise d’ailleurs un festival à Paris tous les automnes) lui accorde un 1,6/10. Cette note va faire de Childish Gambino un des rappeurs les plus critiqués des internets et des Etats Unis. L’album n’est pas fabuleux, mais il n’est pas mauvais non plus. Le principal problème est la violence de ses textes. Quoi qu’il en soit, depuis 2011, Donald était devenu l’alter ego maléfique de Drake et la métaphore du mauvais rappeur.

 

L’attente est donc grande quand il annonce en automne 2013 la sortie d’un nouvel album : Because the Internet. Cette fois, il a retenu la leçon. Son flow s’est amélioré, ses textes sont plus travaillés, comme ses intrus. Le résultat est sans doute un des meilleurs albums de hip hop de 2013, passé en partie inaperçu du fait de sa réputation.

 

Mais bon, la conclusion de tout cela s’est déroulée hier soir au Trabendo à la Villette. 20h30, Childish Gambino débarque sur scène, électrique et en caleçon. Il dégage autant d’énergie qu’un Popeye sous perfusion d’épinards. Pour le premier bis, il rappe a cappella, fait un ou deux free-styles. Puis il revient une deuxième fois, tout seul pour improviser puis chanter un morceau de Quincy Jones. Et il repart, ayant prouvé aux critiques qu’il a désormais le talent nécessaire à son ambition, et que CAMP est loin derrière lui.

 Tristan du Puy

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