[Cannes – Séance de minuit] A Prayer Before Dawn de Jean-Stéphane Sauvaire

Cela fait maintenant trois jours que je suis prise dans le tourbillon de divertissements qu’est le festival de Cannes. Je ne sais pas par quel miracle le festival tient sur pattes, avec son organisation aussi alambiquée que le Code du travail, mais il tient. Pour l’instant j’ai surtout l’impression d’évoluer dans un capharnaüm géant de badges et invitations de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

C’est pourquoi je dirais que mon festival se résume pour le moment à trois C : chaleur, cohue et…chance! La chance d’avoir déjà vu trois films de la Sélection officielle au théâtre Lumière. Et celle d’avoir obtenu des invitations en un temps record. La chance du néophyte peut-être, en tout cas pourvu que ça dure !

Vendredi 19 mai – Séance de minuit

A Prayer Before Dawn : un chemin de croix où rien ne nous est épargné.

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Ce film franco-britannique réalisé par Jean-Stéphane Sauvaire est inspiré de l’histoire vraie de Billy Moore, jeune boxeur incarcéré dans une prison thailandaise pour avoir consommé et vendu du Ya ba (une amphétamine particulièrement dangeureuse). Le jeune homme connait alors une véritable descente aux enfers dans une violence inouïe, avec la boxe pour seul échappatoire…

C’était attendu, le film ne nous épargne rien des détails sordides de la prison thaïlandaise, et bien souvent on est pris de hauts-le-coeur face à la violence qui éructe du personnage et de ses compagnons d’infortune. La déshumanisation est totale. En outre, Billy ne comprend pas le thaï, et le réalisateur nous fait vivre son isolement en choisissant volontairement de ne pas traduire la plupart des dialogues en thai.

Pour autant, même le mal peut engendrer la beauté, et quelques rares moments d’humanité viennent illuminer le film d’une poésie extraordinaire. Ce sont ces quelques bribes de tendresse partagées avec une « ladyboy » incarcérée elle aussi, ce rite initiatique du tatouage sur une peau jusqu’alors semblable à celle d’un poupon…

VERDICT :

Un MUST-SEE.

  • pour Joe Cole, dont le jeu prend aux tripes tout du long
  • pour la maîtrise filmique de Jean-Stéphane Sauvaire, notamment sa manière exceptionnelle de filmer les corps, dans toute leur sensorialité, des muscles saillants comme une arme aux tatouages symboliques sur tout le corps des prisonniers thaïlandais
  • pour le caméo de Billy Moore qui vous fera à coup sûr verser quelques larmes !

Juliet

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