Cannes [Un Certain Regard] // Lost river de Ryan Gosling:  » Un travail d’illusionniste et la révélation d’un nouveau cinéma « 

C’est un grand honneur qui a été fait à Ryan Gosling de présenter son premier film dans la sélection officielle. S’il ne fait aucun doute que si sa popularité en tant qu’acteur a influencé la décision du comité de sélection, le film qu’il présente est digne de la sélection. A 34 ans, le réalisateur a surtout multiplié les rôles charismatiques, à la limite de la composition, accroissant sans cesse sa crédibilité. Jeune acteur prodige, Gosling a commencé sa carrière au Mickey Mouse Club, comme Justin Timberlake ou Britney Spears. C’est le réalisateur Nicolas Winding Refn qui fera de lui un de ses acteurs favoris en lui offrant les rôles principaux de Drive ou de Only God Forgives. Son premier film fait d’ailleurs grandement écho aux rôles de composition de Refn. Les deux réalisateurs partageant de nombreux codes cinématographiques.

LOST RIVER PAR RYAN GOSLING
Ryan Gosling sur le tournage

Ryan Gosling pour la première fois derrière la caméra nous propose un tableau principalement esthétique de la ville de Detroit. En effet, le réalisateur travaille énormément sur les couleurs, nous proposant une image tirant sur les bleus et les violets électriques, appuyant les néons et les projecteurs. Si le propos est sombre, l’image ne l’est pas.

 LOST RIVER PAR RYAN GOSLING

On pourrait décrier le film en le qualifiant de clipesque, superficiel, infondé. Il n’est pas de tout ça. C’est un film de son époque, dans la lignée de Nicolas Winding Refn (Only God forgives), de Gaspar Noé (Enter the Void) et de Xavier Dolan (Les amours imaginaires). On entend souvent des critiques sanglantes sur les films esthétiques, les catégorisant comme prétentieux. Et pourtant, le cinéma est à la base un art d’illusion, un travail de l’image. Je préfère un film ou l’esthétique rehausse le propos à un travail de fond sans forme, ce cinéma est daté, dépassé.

LOST RIVER PAR RYAN GOSLING

Ryan Gosling dans Lost river place alors le spectateur dans le Detroit des années 2010, celles de la crise des subprimes, de la relativité de la puissance américaine, de la détresse des populations délogées. On suit alors les errances d’une famille, la dernière de Lost River (la ville fantôme ou Gosling développe la narration). Elle est aux mains de deux figures de pouvoir, le caïd de la ville et le banquier véreux.

LOST RIVER PAR RYAN GOSLING

Moins un film portrait qu’un tableau, Lost River a pour nous été une révélation, celle qu’il existe une nouvelle scène du cinéma, moins intimiste, plus illusionniste. Quoi qu’il soit, ce premier film au combien prometteur est moins un chef d’œuvre qu’il n’est un très bon début. Et aussi une preuve que Ryan Gosling maîtrise autant l’illusion, que le choix d’une bande son hypnotisante et la direction d’acteur (Gosling a eu la géniale idée de caster Reda Kateb en chauffeur de taxi héroïque)

Maxime Gueudet

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