Beaubourg en inside

Franchement, avant mon stage de terrain de 1A, l’art contemporain, très peu pour moi. Loin des infinies connaissances du PAP (que j’aime, admire et révère) en la matière, je n’ai pas eu le stage grâce à ma passion pour les sculptures en tôle mais grâce au coup de pouce d’une vieille amie de ma mère (piston quand tu nous tiens). Et nous voilà partis pour un mois au bas de l’échelle du deuxième musée de France.
Quand on est de l’autre côté du miroir, on voit l’envers du décor. Littéralement : on prend les ascenseurs du personnel, situés à l’arrière du musée. On quitte les quatre étages de musée pour les 2 étages de sous-sol. Voici donc spécialement pour vous, amateurs d’art contemporain, explorateurs des zones interdites ou simples curieux, une visite du top 5 des trésors cachés du Centre Pompidou auquel le visiteur lambda ne peut accéder!

Number 5: La salle de pause des salariés de la Bibliothèque Publique d’Information

Comme tous les salariés du Musée, ceux de la BPI, que lors de vos révisions vous avez peut être eu le bonheur d’arpenter, possèdent une salle de repos. Sauf que la leur a le bénéfice d’être la mieux située de tout Paris. Vous (jeune stagiaire de 1A en plein « stage de terrain ») découvrez, après avoir emprunté les ascenseurs du personnel, une salle avec des canapés, une machine à café et un distributeur de friandises : déjà, c’est confortable. Maintenant, vous vous tournez et contemplez une vue panoramique sur tout Paris. Lors de leur pause, vous réalisez que ces salariés peuvent tranquillement admirer le Sacré-Cœur et les tours de Notre-Dame en toute tranquillité, et ça, c’est vraiment stylé.

Number 4: La Bibliothèque Kandinsky

A ne pas confondre avec la BPI ! Il faut montrer patte blanche (ou joli sourire de stagiaire perdue) pour entrer dans ce temple du savoir, réservé aux chercheurs. Elle recèlerait, entre les textes de sciences sociales et ceux d’histoire, des pièces inestimables et notamment des papyrus égyptiens de grande valeur (l’emploi du conditionnel étant nécessaire pour nuancer en disant que ceci pourrait très bien être une blague d’un de vos collègues cherchant à vous impressionner). Vous traversez les rayonnages déserts avec l’envie folle de tout feuilleter et de tout écouter (il y a une collection d’œuvres musicales à faire pâlir n’importe quel collectionneur), mais on vous rappelle votre boulot : vous devez vous occuper des poubelles. Triste vie de stagiaire !

Number 3: Les sous-sols

Qu’il y a-t-il au sous-sol d’un Musée ? Ses ateliers : Serrurerie, Menuiserie, Peinture…C’est ici, dans des immenses hangars de six mètres de plafond, que se montent les expositions. Littéralement : pour chaque expo, les menuisiers du Centre montent et taillent des meubles où seront déposées les œuvres. Les peintres appliquent ensuite la couche de peinture exigée…Dans les ateliers d’Encadrement, vous pouvez voir les techniciens s’occuper avec milles précautions d’un Kandinsky. A l’atelier d’emballage, les emballeurs s’occupent de monter et de démonter les caisses qui transportent les œuvres. Chaque œuvre a sa caisse personnalisée, qui voyage avec elle aux 4 coins du monde. Lors de votre visite, vous admirez les ateliers d’accrochage, où sont réalisés des lutrins et des cadres pour y déposer les pièces de l’exposition. Accrocheur est un métier privilégié du Centre : les chanceux voyagent dans les musées du monde entier pour y accrocher les tableaux.
Bonus : les salariés de Beaubourg sont aussi des artistes. Au sous-sol, à l’encadrement, le jeune stagiaire que vous êtes peut découvrir la caverne aux trésors de T., un des salariés du Musée, qui fait avec trois fois rien des merveilles : costumes de carnaval en canettes, robes en viande (oui oui, comme lady G.), coiffes en feuilles et branches d’arbres…Avec lesquels il décore son bureau.

Number 2: La Réserve

Comme a Poudlard. Limite mieux qu’à Poudlard. Même pour un stagiaire, l’entrée y est difficile (et s’est faite sur un GROS coup de chance). Elle se situe au sous-sol. Vous avancez dans un immense hangar de six mètres de plafond, comme un des ateliers, avec, tout autour de vous, des rayonnages. Des dizaines de rayonnages. Le gérant de la Réserve, voyant vos yeux ébahis d’enfant qui se serait perdu à Disneyland, n’hésite pas à se la jouer : « Hey, ça te dit, un petit Picasso ? ». Sans attendre la réponse, il tire sur le rayonnage et celui-ci coulisse devant vous (c’est là que vous remarquez les petits rails sur le sol). Et vous vous retrouvez face à une œuvre du maître espagnol, juste là sous vos yeux, la signature est à deux centimètres de vos narines. Beaubourg étant un Musée d’Art Contemporain, vous pouvez croisez, dans votre déambulation, des œuvres improbables, comme cette espèce de chose que votre âme inculte de stagiaire nomme « Gros paquet de fils de laine de taille démesurée ». Ajoutez le silence, la solitude et votre sensation de petitesse, vous vous trouvez ici dans la cathédrale de l’art contemporain, rien que pour vous.

Number 1: La chambre anéchoïque

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Un nom bien étrange pour cette pièce qui est aussi surnommée « chambre sourde » ou « pièce sans écho » par les connaisseurs. Pour la découvrir, vous quittez le Centre, marchez sur la gauche jusqu’à la fontaine Kandinsky, tournez à droite devant cette étrange pièce d’eau et entrez dans l’IRCAM (Institut de Recherche et Création Acoustique et Musicale). Bien qu’extérieur, ce bâtiment dépend aussi du Musée. Vous vous rendez au sous-sol et découvrez la salle la plus étrange que vous ayez jamais vu. Elle n’est pas très grande. On croirait un porc-épic inversé : des pics en bois jaillissent du sol, des murs, du plafond : vous marchez sur une passerelle. On vous apprend que ces « pics » s’appellent en réalité des dièdres et qu’ils absorbent l’écho. La porte de la salle se referme sur vous, et la magie de cette pièce s’opère. Il n’y a plus aucun bruit hormis ceux de votre corps. Votre souffle semble soudain assourdissant, vous n’entendez pas seulement les battements de votre cœur (trop classique), mais le bruit infime du sang qui coule dans vos veines. Et vous apprenez que cette salle a été conçue pour réaliser l’acoustique la plus pure qui soit.
Vous retournez chez vous troublé, en pensant à toutes ces choses monstrueusement classes dont vous allez pouvoir parler à vos SciencesPotes. C’est décidé, maintenant, l’art contemporain, vous kiffez, et vous allez de ce pas vous rendre à l’expo Liechtenstein…Que vous avez vu alors qu’elle était en train d’être montée. Bah ouais, vous êtes trop stylé.

Pauline D.

 

 

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