Au cinéclub: Tomboy

Tomboy

 

Tomboy est un film qui a beaucoup fait parler de lui en ce début d’année. Sa diffusion dans les classes avec le processus « Ecole et cinéma » depuis 2012 puis sur Arte le 19 février a provoqué des vagues de manifestations de parents outragés qu’on montre à leurs petiots qu’une fille pouvait agir en garçon. Ces mouvances s’illustrent dans la protection des yeux chastes comme lors de la demande de retrait de l’affiche de « L’Inconnu du Lac » (coucou la Queer Week! Oui votre affiche est tout aussi classe vu qu’elle est le bébé du même illustrateur trop cool Tom de Pékin). Ou encore Christine Boutin qui réagissait à la palme d’or pour La Vie d’Adèle de Kéchiche par un si classe « On peut pas voir un film à la télévision, une série, sans qu’il y ait les gays qui s’expriment. Maintenant, c’est la palme d’or. Bon, ça va quoi ! […] On est envahis, on ne peut plus maintenant avoir une histoire sans histoire gay. Aujourd’hui, la mode, c’est les gays. Bon, très bien. On est envahis de gays ! » Ambiance.

Que ce soit ces films ou leur diffusion qui soient critiqués régulièrement, ce n’est pas vraiment étonnant. Dans l’imaginaire populaire, cinéma et propagande peuvent très vite se rejoindre, encore plus lorsque ce sont des opinions qui divergent des nôtres qui y sont représentées. Plutôt que partir immédiatement dans un  débat passionant qui est  « C’est bien ou pas de représenter les LGBT au cinéma? Faut-il ensuite montrer ces films à tous les publics (sous-entendu: même les enfants ces petites choses fragiles)? » le cinéclub, en association avec la Queer Week et Plug’n’Play vous propose tout au long de ce mois de visualiser tout d’abord des œuvres qui ont fait polémique puis d’en discuter.

Pour en revenir à Tomboy, qui ouvre la danse, il ne s’agit pas d’un coup d’essai. Céline Sciamma est la réalisatrice de « La Naissance des Pieuvres », autre oeuvre délicate sur l’enfance mais plus spécifique vu qu’elle se passait uniquement dans le milieu assez clos de la natation synchronisée. Avec Tomboy, elle nous interroge avec douceur sur le choix d’un enfant mais surtout sur la façon dont celui-ci est perçu. Un garçon manqué a-t-il la légitimité pour être un garçon tout court? Une question simple mais abordée avec beaucoup de bienveillance au cours d’un été enfantin.

Synopsis

Laure a 10 ans. Laure est un garçon manqué. Arrivée dans un nouveau quartier, elle fait croire à Lisa et sa bande qu’elle est un garçon. Action ou vérité ? Action. L’été devient un grand terrain de jeu et Laure devient Michael, un garçon comme les autres… suffisamment différent pour attirer l’attention de Lisa qui en tombe amoureuse. Laure profite de sa nouvelle identité comme si la fin de l’été n’allait jamais révéler son troublant secret.

 

Bande-annonce

A Mercredi, 17h en Amphi Jean Moulin

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