Anomalisa – Charlie Kaufman

http://t2.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcSM83SrBGNYAXtY0KzMD9z8TDf-cbEjk1See1Kkk5dCwf8UQlUo

Premier film de Charlie Kaufmann, Anomalisa nous raconte les vingt-quatre heures à Cincinnati d’un auteur célèbre : Michael Stone. Esseulé et profondément cynique, Michael souffre de son monde terne et uniforme. C’est alors qu’il rencontre Lisa, une fille toute particulière aux yeux du héros, et tombe amoureux.

Une technique absolument fabuleuse : le film est filmé en stop motion avec des marionnettes comme personnage, un film d’animation dans un monde de pâte à modeler.

Le film est empreint d’un esthétisme tout particulier. Seules 3 marionnettes interprètent les personnages : celle de l’auteur, celle de Lisa et une seule et unique marionnette jouant tous les autres personnage. C’est ainsi que l’uniformité de la société est symbolisée : tout les personnage ont le même visage ainsi que la même voix à l’exception de Michael et Lisa.

http://cinema.jeuxactu.com/critique-cinema-5-bonnes-raisons-daller-voir-anomalisa-critique-26879.htm

http://cinema.jeuxactu.com/critique-cinema-5-bonnes-raisons-daller-voir-anomalisa-critique-26879.htm

Cela a un effet plus que déroutant, transmettant cette impression de factice du monde qui entoure Michael. L’univers est totalement décalé par rapport à lui rendant toutes interactions sociales loufoques.

Le rire dans ce film est lié à son caractère gênant, presque malsain. Le film installe un malaise par son ambiance sombre et pessimiste que Kaufmann permet deux ou trois fois d’extérioriser par une situation absurde amenant le rire dans la salle. Le film est tout d’abord pessimiste, tellement pessimiste.

Mais ce climat perturbant est loin d’être le talon d’Achille du film, au contraire, l’univers d’Anomalisa et sa, très faible, intrigue sont d’énormes supports intellectuels. Ce film prête donc à réflexion et à de nombreuses interprétations.

Le véritable point faible, c’est son incroyable lenteur, néanmoins totalement assumée. Derrière ce monde uniforme et la lassitude que nous partageons avec un seul homme, la réflexion peut très rapidement céder sa place à l’ennui pur et simple. Certains plans long, très long, retranscrivent tellement bien l’ennui que le spectateur se retrouve bien souvent imperméable à la suite du film, alors même que c’est bien la fin du film qui se révèle être le moment le plus pertinent.

https://www.google.fr/url?sa=i&source=images&cd=&ved=&url=http%3A%2F%2Fdimthehouselights.com%2F2016%2F01%2Fduke-johnson-charlie-kaufman-on-anomalisa%2F&psig=AFQjCNG7cjv51pl3fEIBTRHg_xx41g_v-Q&ust=1456318465895775&rct=j

https://www.google.fr/url?sa=i&source=images&cd=&ved=&url=http%3A%2F%2Fdimthehouselights.com%2F2016%2F01%2Fduke-johnson-charlie-kaufman-on-anomalisa%2F&psig=AFQjCNG7cjv51pl3fEIBTRHg_xx41g_v-Q&ust=1456318465895775&rct=j

Nous sommes peut être trop habitués à l’immédiat et à l’émotion, il n’en demeure pas moins que ce film aurait très bien pu être un court métrage, et que de nombreux films prêtant à réflexion peuvent se vanter de tenir une intrigue bien ficelé.

Finalement, le film a du mal à parler à autre chose qu’à l’intellect car aucune émotion ne n’est transmise, rendant son visionnage laborieux.

Adam Maatouk

Leave a Reply