Amy – Asif Kapadia

Sans titre

Dans le cadre du Partenariat avec le PAF ! (Pôle Art Filmique), un membre de l’équipe vous livre un article sur le cinéma chaque semaine.

La vie d’Amy, on la connait déjà. Donnée en pâture aux tabloïds, le monde entier a pu la regarder s’éteindre. Cette profusion d’images commence en fait bien avant ses débuts fulgurants : le documentaire révèle combien Amy a été constamment filmée, et dès son plus jeune âge, par ses proches, ses amis … puis les paparazzis. Jamais une star n’a été autant exposée à l’objectif de la caméra.

Asif Kapadia utilise avec subtilité l’importance des ressources, et dresse un portrait cru et intime de la fragile Amy. Il fait parler les images et révèle ce qu’elles ne montrent pas de prime abord : sa personnalité et ses relations avec ses proches.

Ces images saisissantes de l’intimité de la diva soul s’accompagnent de sources musicales inédites et rares, comme des bandes de premières auditions, d’enregistrement de l’album Back to black, ou encore des brouillons où sont jetées des paroles bouleversantes. La musique est au coeur du documentaire et le rythme remarquablement. Asif Kapadia rend ici un sublime hommage à l’oeuvre de Amy Winehouse.

Mais peu à peu, le film se détourne de la musique et prend un tournant plus tragique. Amy s’enfonce dans la drogue et s’éloigne des personnes qui essayent de la sauver. Ses frasques sont présentées de manière spectaculaire et pathétique. Peut-on seulement reprocher cette mise en scène au réalisateur ? Asif Kapadia donne à voir la brutalité grinçante de la presse tabloïd qui la traque, le mal-être de star qui ne peut plus composer, et une partie de son entourage qui lui demande encore et toujours d’alimenter le business. Après tout, la vie d’Amy n’est-elle pas construite comme un drame romantique ? Elle se bat, tente de s’en sortir, jusqu’au bout on y croit, l’espoir revient ; et puis finalement la fatalité la rattrape. Son coeur lâche, faisant étrangement écho au clip de Back to black où elle y enterre son coeur.

Mathilde Armantier

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