Alabama Monroe – Décharge electro-émotionnelle

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Alabama Monroe de Felix Van Groeningen
5 / 5 Artichauts
Projection à 19h (16/02) en Amphi Chapsal

Felix Van Groeningen est un réalisateur belge flamand. Son film La Merditude des choses avait été primé à Cannes en 2009. Alabama Monroe a été distingué aux Césars 2014 dans la catégorie Meilleur Film Etranger face à Django Unchained, Gravity, Blancanieves, Blue Jasmine, Dead Man Talking et La grande belleza… Et vous comprendrez pourquoi après la projection.

Certains films bloquent l’écriture. Il est déjà assez difficile de concevoir qu’un réalisateur a su retranscrire les sentiments à leur état le plus pur dans des images. Alors mettre des mots sur ces images et sur les émotions qu’elles ont soulevées relève de l’impossible. Ces émotions n’auraient été possibles sans l’interprétation si juste des deux acteurs principaux. Chaque plan rapproché nous montre avec humilité la quintessence de l’amour, du bonheur d’être parent, de l’horreur de la maladie, de la tristesse infinie et de l’effet dévastateur de la mort. Chaque seconde du film montre la vie, dans le bonheur et dans les épreuves tout au long de celle-ci. Dans la santé et dans la maladie.

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Le montage est absolument parfait. Malgré les nombreux flashbacks jamais on ne se perd. La musique – le bluegrass dans toute sa splendeur – fil conducteur de l’histoire participe à la création de l’émotion sans jamais la renforcer. Il n’y en a de toute façon pas besoin.

Au-delà des émotions, le film apporte également une réflexion sur la religion et ses rapports à la science. Felix Van Groeningen profite, sans en abuser, de l’intensité des émotions reçues par le spectateur pour questionner le rapport des hommes avec le symbolisme et leur besoin éternel de se raccrocher à quelque chose pour donner du sens à la vie.

Synopsis : Le corps d’Elise est parsemé de tatouages, Didier joue du banjo et vit dans une caravane. Un concert, une nuit et quelques jours, puis un regard alors que résonne la magnifique chanson The Boy Who Wouldn’t Hoe Corn et tout est dit. L’amour dans toute sa simplicité, dans toute sa complexité. Parfait à sa manière, bourré de défauts sinon ça ne serait pas de l’amour. Une enfant, un cancer, sa perte et soudain la déchirure qu’on ressent jusque dans nos entrailles. Comment reconstruire un puzzle dont il manque une pièce ?

Mathilde Dumazet

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