Agua Roja sort de l’eau

Agua Roja

Agua Roja ce n’est pas seulement un titre par lequel ils se sont fait connaître, « Summer Ends », c’est aussi un paquet de surprises. Difficile de s’en rendre compte quand leur présence sur le web se limite à quelques revues, très peu d’interviews – OUI. C’est à ce moment que je me sens totalement cool.

On se retrouve donc au Bottle Shop pour en apprendre davantage sur ces cocos qui vont très prochainement vous surprendre avec un premier EP disponible le 23 mars !

 

En cherchant un peu, parce que je suis quelqu’un de sérieux, j’ai remarqué qu’on ne trouvait pas tellement d’interviews sur vous. Vous entretenez cette discrétion médiatique où c’est tout simplement pas votre truc de donner des interviews ? 

 

Clément – Non c’est une volonté en fait parce que c’est chiant quand tu donnes trop d’interviews. J’aime pas les groupes qui acceptent toutes les interviews dans le sens où t’as plus jamais rien à dire et que les gens ont plus envie de t’écouter en fait. Tu dis toujours la même chose et c’est plus intéressant je pense.

November – Ouais c’est une volonté depuis le début, par exemple on n’avait pas mis nos photos tout de suite sur internet. On avait envie de mettre davantage la musique en avant que notre vie privée.

 

Comment ça se passe au niveau de la com’ pour l’image du groupe du coup ?

 

Clément – Pour le moment on n’a pas eu trop de problèmes avec ça, on n’a pas eu à faire trop d’interviews pour qu’on touche un public plus large, on va dire. Mais va falloir qu’on en fasse la…

November – Ca fait partie du jeu quand tu sors un EP ou un album et c’est pas quelque chose qu’on rechigne à faire non plus ! C’est juste qu’on sait que ça fait partie de « la chose », comme nous en tant que spectateurs ou fans de groupes. On aime bien, effectivement, savoir comment l’EP a été fait, les backstages d’un album en gros. C’est sûr que c’est quelque chose qui éveille la curiosité des gens, après c’est totalement compréhensible qu’on doive se prêter à ce jeu-là aussi. Après reste à savoir si les gens sont intéressés ou pas, ça c’est autre chose !

 

Et par rapport à ce que vous faites musicalement,  en gros comment vous vous définissez ? Non pas que j’aime coller des étiquettes mais avoir l’avis des concernés et souvent bien plus pertinent que de s’arrêter sur le premier : « REVELATION POP SURF ACIDULEE !! »  

 

Clément et November – Pop !

November – Après la surf pop c’est surtout ce qu’on a eu au début avec « Summer Ends » qui est pas mal imprégné de ça. Aussi parce qu’on s’appelle Agua Roja d’ailleurs. Mais en écoutant l’EP ça m’étonnerait que cette étiquette « surf pop » nous colle encore à la peau.

 

Vous tentez de vous éloigner de cette image avec l’EP ?

 

Clément – Pas forcément, c’est quelque chose qu’on aime bien aussi mais en même temps y’avait tellement peu de choses que les gens tentaient de se rattacher à ce qu’ils trouvaient. Mais nous on se définissait pas vraiment ! On avait quoi, deux ou trois morceaux maximum… Et même aujourd’hui tu vois, on dit « pop » parce que c’est au sens large, ça veut tout dire. Les « genres » c’est toujours un peu compliqué de toute façon…

 

Vous vous sentez proche de quels mouvements artistiques ? Ce qui nourrit votre univers

 

November – Si tu veux la problématique avec nous c’est qu’on est trois individus dans le groupe. Par exemple, on nous demande parfois : « avec qui vous aimeriez collaborer ? » et on se dit souvent que déjà entre nous c’est compliqué de penser à des collaborations parce que typiquement moi j’aurais pas fait cette musique toute seule, Clément n’aurait pas fait cette musique tout seul, Benjamin n’aurait pas fait cette musique tout seul. Et ça, c’est parce qu’on vient d’univers musicaux différents et c’est pour ça qu’on a du mal à définir vraiment ce qu’on fait à trois parce que c’est imprégné de tout ce que nous on aime en tant que personnes…

 

Après c’est pas forcément problématique finalement que vous ayez des influences différentes ? C’est ce qui vous donne de la matière pour bosser quelque part ?

 

November – Oui du coup c’est ce qu’on aime et on cherche justement cette espèce d’émulation qui se crée quand on compose à trois

Benjamin – Mais après c’est compliqué de se rattacher à un truc précis

 

C’est arrivé qu’on vous demande, justement, de vous rattacher à un « genre », une mouvance pour que, grossièrement, ça plaise à cet éternel « grand public » ?

 

November – Ah non pas du tout, après c’est vrai qu’on se raccroche beaucoup à des images, par exemple, parce que dès le début on savait qu’on voulait pas mettre nos têtes sur les artworks. Y’avait quelque chose quand même, je pense, au niveau de l’image qui émanait d’une volonté commune.

 

Clément – Dans plein de groupes ils sont tous d’accord sur un truc alors que nous c’est trois mondes totalement différents

 

D’ailleurs par rapport à votre travail artistique et tout ce qui concerne la dimension créative, vous êtes globalement très libres ? Vous êtes signés ?   

 

November – Alors on est en édition chez Universal et notre tourneur c’est Alias mais on n’a pas de label encore

Clément – Ouais l’EP sort en indé en fait. On a remarqué que les gens comprennent pas tout de suite qu’Universal c’est uniquement notre éditeur et qu’on n’est pas signés chez eux

November – C’est nous qui avons payé l’enregistrement de l’EP en fait

Clément – On est les producteurs de l’EP !

November – Y’a pas mal de monde qui fait ça pour le premier EP

Clément – Ouais pour le premier EP y’a pas mal de gens qui font ça mais d’habitude y’a un label qui est derrière et ils font semblant qu’il n’y en n’a pas et ensuite ils signent…  Après pour notre cas, Universal en éditeur ça va parce qu’ils n’ont aucun contrôle sur l’artistique

November – Oui parce que l’édition c’est surtout par rapport à la synchro et éventuellement la radio

Agua2

Vous avez eu des propositions de la part de majors ou de labels indé ?

 

Clément – Oui oui, on va voir ça après la sortie de l’EP surtout

November – surtout que c’est toujours un peu le même deal pour nous : on est trois donc faut qu’on se mette d’accord. On aime bien prendre notre temps aussi parce que, par exemple, après la sortie de « Summer Ends » on avait plein de propositions donc y’a toujours le truc de « prends ton temps et fais les choses bien et signe quand t’es sûr.e à 100% ».

Clément – Donc ouais la prochaine étape c’est le label

Benjamin – Mais on sait pas trop quoi encore !

 

Vous travaillez déjà sur votre LP ou vous pensez avant tout à ce qui va suivre la sortie de l’EP ?

 

November – Là on réfléchit plus aux concerts qui viennent après pour l’EP

 

Oui ! J’ai vu que vous alliez faire le prix Chorus, vous le sentez bien ?

 

November – Ouais on joue le 31 et le 2 avril je crois…

Clément – Le 2 c’est pas si on gagne ?

Benjamin – Non non non, tu fais deux trucs : une fois un vrai concert et une fois deux morceaux devant un jury… Enfin j’sais pas, j’ai pas trop compris !

Clément – Je comprends pas vraiment en fait…

November – En tout cas, moi, je suis allée sur le site du prix chorus et, ça y est, il a été mis à jour, il est assez joli d’ailleurs, et y’a écrit qu’on joue le 2 avril à 19h

Clément – Ouais mais ça m’étonnerait qu’on joue que deux morceaux quoi

November –  Après on a aussi d’autres dates à Lyon, Bordeaux…

 

Puisque vous reprenez les concerts, vous avez senti une différence dans la réception du public ? Je pense notamment au fait du (re)développement d’une scène française, francophone ou non, de plus en plus sollicitée. Vous pensez l’incarner de quelle façon ?

 

Clément – Ben on est assez proches d’Entreprise plutôt…

November – Mais après on chante en anglais

Clément – Ouais c’est juste que ce sont nos potes mais en vrai musicalement, en enlevant le côté affectif, on se rapproche pas tant que ça d’eux. Après y’a plein de groupes qu’on connait pas parce qu’on n’a pas forcément le temps de checker mais musicalement on n’ a pas réellement de copains d’armes en fait

November – Pourquoi t’as dit « copains d’armes » ? (rires)

Clément – J’sais pas…

Benjamin – Après c’est un peu par défaut qu’on est avec cette scène « pop », « indé », française

Clément – On cherche pas forcément à s’y attacher, on n’y réfléchit même pas en fait

 

Vous en pensez quoi de cette scène musicale française ? Parce que vous êtes quand même en plein dedans

 

Clément – Ah superbe !

November –  Hyper chouette ouais et au-delà du fait que ce soit des potes, parce que, par exemple, Grand Blanc c’étaient plus des potes des garçons et c’est vrai que j’ai l’EP et le vinyle chez moi. Ils m’ont fait aimer quelque chose que j’aimais pas de base en fait. Et je trouve que tout ce qu’il se passe en ce moment autour de ça est vraiment cool

Clément – Après tu vois, même si je suis pas fan, je pense que c’est Fauve qui a ouvert la voie et ça malgré tout le mal qu’on peut dire sur eux, parce que tout le monde aime bien cracher sur Fauve, je pense que c’est à partir de ce moment-là que les gens s’y sont intéressés

November – Y’a La Femme aussi !

Clément –  Oui après Fauve c’était plus grand public. Mais tous ces groupes-là ont mis pas mal d’autres groupes dans leurs sillons comme Feu Chatterton!  Ou Radio Elvis, des trucs comme ça. On a l’impression que c’est ouf, qu’il se passe plein de trucs mais il se passe rien du tout. C’est juste qu’il s’est passé tellement peu de choses ces derniers temps que là d’un seul coup y’a un renouveau donc on se dit que c’est incroyable. Mais si tu vas en Angleterre, la scène indé est énorme !

 

Justement, quels artistes vous ont tapé dans l’œil dernièrement ?

 

November – Je suis allée voir Jessie Ware en concert, c’est une anglaise

Clément – Ouais mais ça c’est connu déjà

November – Ben elle m’a dit que je pouvais dire ce que je veux [ndlr – BIM]

November – Et puis y’a aussi la nouvelle mixtape de Drake !

 

Et votre incontournable ?

 

Benjamain – Le premier album de Neu! C’est un groupe allemand des années 70

Clément – [ndlr – sur son iPhone en train de tenter de dégoter un morceau] Je regarde ce que j’écoute en ce moment mais c’est que des trucs que j’écoute un peu en général quoi mais sinon Arcade Fire ouais !

 

Ok plus facile : des anecdotes de tournées ?

 

Clément – Alors la ! Mais non faut pas dire le nom du groupe du coup

November – Ah mais moi je voulais pas parler de ça ! Je voulais parler de trucs de nous

Benjamin – Mais non mais disons un truc un peu plus…

Clément – … Un truc hardcore !

November – Moi je parlais plus de problématiques sur scènes où on a eu des problèmes et sur le coup t’es un peu genre « oh mon dieu ! » et après ben c’est drôle en fait. Enfin, par exemple, on a eu un problème, c’est pas très grave hein, mais on a pété une corde de guitare et y’a eu un moment de…

Clément – … Mais non c’est nul ça ! (rires)

Benjamin – Non mais il nous est arrivé des trucs beaucoup plus drôles que ça !

November – Ouais mais après je m’y attendais pas du tout et les gens ont commencé à chanter joyeux anniversaire à notre ingé son. C’était rigolo, 300 personnes quoi

Clément ­– Ah ouais ! Pour faire genre le temps qu’il change sa corde

November – Ouais et pour combler je commençais à faire mon show « ouais c’est l’anniv de notre ingé son » blabla et ils ont tous chanté !

Benjamin – Ouais moi je préfère quand même Julian qui dort dans une flaque

Clément – Julian ? Ouais non ! C’était Victor qui va dans la mer tout habillé. On a joué dans un festival en Normandie et notre bassiste, en fait il ressemble à Jésus…

November – Pour de vrai il ressemble à Jésus !

Clément –  Et en fait il était un peu… Bon on va dire fatigué par la soirée (rires)

Et on nous a raconté qu’il a commencé à entrer dans la mer en disant « je suis Moïse ». Du coup, il est entré dans la mer tout habillé et notre batteur aussi a fini dans la mer plus tard. Et après, il est venu dormir dans la tente et en fait il a dormi dans une flaque d’eau (rires)

November – Bon après on s’est fait destroy le van à une autre date

Clément – Par un groupe dont on taira le nom

Agua Roja

Histoire de faire une transition parfaitement pétée, le dernier concert auquel vous êtes allé – November toi c’est Jessie Ware – mais vous autres ? Où d’ailleurs vous auriez, aussi, pu destroy le van des gars

 

Clément – Moi c’est Chateau Marmont et en gros j’aime beaucoup parce que j’ai bossé avec eux, j’étais leur assistant en fait. Là ils ont un nouveau concept, ils sont plus que deux  et ils ont un nouveau live qui est très bien. Et c’est un groupe qui fait un peu référence pour les synthés à Paris

Benjamin – Moi c’était Suuns et Yussuf Jerusalem

Clément – Roh le hipster !

 

 Quels endroits vous conseilleriez pour écouter de la musique sympa ? Benjamin, pas trop hipster stp

 

Benjamin – « Indé » Motel (rires)

November – Ouais Le Motel, ici et…

Clément – … et Le Motel !

Benjamin – On fait jamais la fête on est toujours aux mêmes endroits (rires)

Clément – Non mais c’est vrai qu’on fait assez peu la fête hein

November – Non mais vous faites la fêtes, vous, parce que vous êtes amis en dehors

Clément – Mais t’es ouf, on va surtout dans des bars le soir pour boire un verre

November – Ouais moi je fais ma diva, je vais faire la fête toute seule ailleurs (rires)

Clément – Après on n’est pas des gros fêtards de ouf, on est plus du genre à aller boire une bière

Benjamin – A se regarder dans le blanc des yeux

November – Et puis c’est pratique parce qu’on enregistre pas loin et qu’on est sûrs de retrouver nos potes là-bas

 

Vous enregistrez où ?

 

Clément – A Third Side chez Entreprise ! Avec Fred Deces qui est ingénieur du son là-bas et Adrien Pallot qui est réalisateur et qui a d’ailleurs bossé avec nous sur l’EP

 

Niveau consommation musicale – oui – c’est quoi vos habitudes ?

 

Clément – Spotify. Avec un compte payant, attention

 

10€ par mois, habile…

 

Clément –  9.90€ !

Benjamin – Moi c’est iPod et vinyles

 

Et tout ça sans télécharger de façon illégale bien sûr…

 

Benjamin – Ouais ça m’arrive…

Clément – Coupable ! (rires)

Benjamin – Désolé…

 

Avec tes vinyles t’es encore un bon gros hipster dans l’histoire cela dit

 

Benjamin – Complètement hipster ! Je suis le plus hipster (rires)

November – Ben moi c’est pareil en fait

Clément – Non non, toi t’achètes !

November – Ouais j’achète beaucoup de CDs, beaucoup de vinyles

Clément – Elle c’est une vraaaie consommatrice

November – Et après avec les vinyles t’as toujours le morceau en mp3 qui va avec donc iPod, iTunes. Enfin j’aime bien avoir ma bibliothèque en fait, Spotify ça me gave

Clément – T’as ta bibliothèque hein

November – Ouais mais j’aime pas l’interface, j’ai pas besoin qu’on me fasse une radio. Je me fais ma radio à moi, mes mixtapes

Clément – Spotify c’est l’avenir !

November – Je vais pas mal sur 8tracks, c’est pas mal. C’est un truc qui regroupe que des mixtapes que les gens font du coup c’est cool parce que tu découvres leur mixtapes et tu tombes sur des artistes que tu connaissais pas

 

Sinon est-ce que vous avez d’autres projets à côté d’Agua Roja ?

 

Clément – Chanter du André Rieu (rires)

Après je fais des trucs pour d’autres personnes parce que je suis ingé son mais c’est pas des trucs à moi quoi. Sinon, non, on n’a pas vraiment d’autres projets à côté du groupe

 

Et enfin, une salle que vous aimez bien trop par sa coolitude ?

 

November – Le Pop-up du Label !

Agua Roja

 

Sur ces paroles pleines de sagesse, nous finissons notre bière au doux goût de savon (Clément en fin connaisseur nous a fait part de son expertise en houblon). Si vous êtes à Paris, ne manquez pas la release party du 30 mars au Point FMR avec, entre autre, un Dj Set d’Iñigo Montoya! déjà aimés et qui se noie sous le full support de L’Artichaut <3

 

Maywenn Vernet

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