Les Filles et les Garçons, amour et autotune

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Les filles et les garçons, projet de pop ludique et sucrée de Lucas Nedellec, se transforme aujourd’hui avec la sortie de son troisième EP. Un changement de style audacieux et plutôt efficace.

Avant, Les filles et les garçons, c’était des chansons d’amour naïves et mignonnes, emplies d’un imaginaire rétro et kitsch résolument assumé. Après deux EP très réussis (Give Me et Vol pas cher), plusieurs covers  (le Cake d’Amour) de Michel Legrand dans Peau d’Ane et Caramel (de Booba, entre autres), et des remix en tous genres, on avait compris que chez Les Filles et les Garçons,  les frontières musicales étaient des barrières à casser en petits morceaux. Il faut dire que Lucas, qui chante et compose (presque) seul depuis cinq ans, est plutôt un surdoué du mélange des genres.

Sur L F E L G, troisième EP de Les filles et les garçons, on retrouve le même genre de mélodies au synthé hyper rythmées et entêtantes, mais cette fois-ci plus sombres. Ces quatre nouveaux morceaux se démarquent du kitsch et de la pop douce pour explorer davantage le rap et l’ego trip (sur Prince de Paris, par exemple).

Après avoir réalisé par-ci par-là des titres à l’autotune, Lucas l’a ici utilisé sur tous les morceaux. Choix risqué, pour un résultat qui sonne finalement plutôt bien. Cet EP est aussi un virage dans l’écriture des titres. Après avoir été perchés dans des nuages roses et moelleux, on redescend bien sur terre (ou plus précisément, dans les rues de Paris). Plus noirs, plus réalistes, ces nouveaux morceaux parlent moins d’amour que des déceptions qui s’en suivent, et l’insouciance a laissé place aux galères de la vie. Pas de quoi déprimer pour autant, les instrus gardent leur énergie et leur cool. Et puis, comme la fin de « Kdanse », premier titre de l’EP, le dit si bien bien, « on s’en fout et on danse ».

Juliette Paraponaris.

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