3 coeurs de Benoît Jacquot

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3 Coeurs de Benoît Jacquot
4 / 5 artichauts

Vivre c’est avant tout aimer la vie. En nous livrant le destin de trois cœurs, Benoît Jacquot (Les Adieux à la Reine) nous redonne envie de mordre la vie à pleines dents.
Est ce une histoire sentimentale ? Un film d’amour qui finit bien ? Le rythme éreintant ponctué de déroutantes ellipses, la lourde bande sonore pesant comme un couvercle et des regards crus, portent le film tel une tragédie, une tragédie classique, immuable.

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Tout est question de hasard. Le hasard de la vie va faire se rencontrer Marc (Benoît Poolvoerde) et Sylvie (Charlotte Gainsbourg), une nuit passée à marcher ensemble, à ne rien dire, seulement à partager un moment suffira à bouleverser leur vie respective. Ils décident de se revoir, mais le cœur de Marc les en empêchera.
Encore une fois, la vie se jouera de Sylvie et Marc, lorsque celui ci rencontre Sophie (Chiara Mastroiani). Un coup de cœur, des sourires, des discussions, des peines communes, un mariage. La banalité de la vie, mais le bonheur de la vie.
Une scène de torture lorsque Marc découvre que la sœur de sa femme Sophie, si proche de celle-ci, n’est autre que Sylvie, son amour déçu. Ne l’a-t-il pas toujours su ?

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Trois acteurs brillant d’habitude de leur force de caractère et de personnalité, apparaissent ici comme annihilés, écrasé par la chape de plomb de la vie. Ils jouent respectivement un personnage qui lui même joue ce qu’il imagine devoir être sa vie.

Malgré des maladresses dans la forme, notamment le recours à une voix off, n’apportant aucune information supplémentaire au film, la progression est convaincante et amène sans cesse à se repositionner par rapport à ses préjugés tant les choix du réalisateur sont surprenants et déroutants en terme de plans, de montage, de lumière. Le scénario, sans surprise, invite le spectateur à ressentir plutôt qu’à s’interroger sur la progression dramatique.

Le portrait cru et violent de trois cœurs, trois humains, trois machines organiques, trois cœurs malades, hors du temps, hors d’âge, inaptes au bonheur. Le spectateur a une folle envie de briser l’étau et de vivre, simplement vivre.

Chloé Triquet

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